NOUVELLES
08/06/2016 11:29 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

L'Egypte veut durcir sa législation pour lutter contre le marché noir des devises

Le gouvernement égyptien a adopté mercredi un projet de loi prévoyant des peines de prison "plus sévères" pour lutter contre le marché noir de devises étrangères, au moment où le pays souffre d'une pénurie de dollars.

Le texte doit encore être débattu au Parlement avant d'être voté. La pénurie de dollars a entraîné une hausse des prix ou une pénurie de certains produits, notamment des médicaments, les importateurs peinant à obtenir les devises étrangères vitales pour leurs activités.

Le projet prévoit "des peines plus sévères pour le change des devises étrangères en dehors des voies légales", stipulant une peine de prison "d'au moins trois ans et ne dépassant pas les 10 ans", pour "quiconque gère des devises étrangères en dehors des banques ou des agences autorisées".

A la mi-mars, la banque centrale égyptienne avait dévalué de 14,3% la livre, portant le taux de change de la monnaie égyptienne de 7,83 à 8,95 livres pour un dollar. Mais sur le marché noir, ce taux est bien plus élevé.

Des peines de prison allant de six mois à trois ans et des amendes allant d'un million de livres égyptiennes (près de 100.000 euros) à cinq millions de livres sont également prévues pour ceux qui violeraient les dispositions de la loi régulant le change de devises étrangères, selon un communiqué du gouvernement.

Le texte explique que ces nouvelles dispositions ont été prises "à la lumière des pratiques de certaines agences de change, qui ont des conséquences négatives pour l'économie du pays et la stabilité monétaire".

Les réserves de change de la banque centrale ont fondu, passant de plus de 36 milliards de dollars fin 2010 à 17,5 milliards fin mai, malgré les aides apportées ces deux dernières années par les puissantes monarchies du Golfe, et qui se sont élevées à quelque 20 milliards de dollars.

Parmi les principales sources de devises, figurent les revenus du canal de Suez, qui souffre d'un ralentissement du transport maritime mondial, et le tourisme, en pleine crise en raison de l'instabilité et les violences qui secouent le pays depuis 2011.

L'économie égyptienne peine à se rétablir depuis la révolte de 2011 qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir. Les attentats jihadistes qui se sont multipliés depuis la destitution par l'armée en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi ont chassé touristes et investisseurs étrangers.

tgg/hj