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08/06/2016 08:28 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

L'Egypte promet des sanctions sévères après des fuites au bac

Les autorités égyptiennes ont promis mercredi des sanctions sévères après des fuites des sujets du baccalauréat sur les réseaux sociaux, alors que plusieurs responsables et étudiants ont déjà été arrêtés pour leur possible implication.

"La bataille de la triche et du gouvernement: 2-0", titrait mercredi le quotidien indépendant Al-Masry al-Youm. Car depuis plus d'une semaine, des pages Facebook ont partagé les sujets de plusieurs épreuves du baccalauréat, notamment pour les examens de langue arabe, d'anglais et d'éducation religieuse.

Huit responsables du ministère de l'Education ont été placés en garde à vue pour "négligence" et "fuites d'examen", selon un responsable du parquet, tandis que quatre administrateurs de deux pages Facebook ont été arrêtés pour avoir publié des sujets d'examen, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

"Il y a eu une vraie innovation en matière de triche", ironisait mardi le porte-parole du ministère de l'Education, Béchir Hassan, interrogé par la chaîne de télévision privée CBC Extra. "Ils utilisent des montres, des oreillettes bluetooth, des lunettes, des portables", avait-il expliqué.

Le ministre de l'Education El-Helaly el-Chirbiny a reconnu mercredi des fuites et des cas de triche "grâce à de nouveaux appareils, qu'on découvre pour la première fois", promettant des sanctions sévères pouvant aller jusqu'à "une amende de 50.000 livres égyptiennes (près de 5.000 euros) et une peine de prison allant d'un à trois ans".

Dans un communiqué, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures d'ici un an pour "prendre en compte les évolutions technologiques" et éviter les fuites.

Parmi les administrateurs de pages Facebook arrêtés, deux étudiants étaient en charge de la page Chaoming, suivie par plus de 700.000 personnes.

Mercredi après-midi la page avait été désactivée mais selon une vidéo publiée lundi, son but était d'amener les autorités à réformer l'éducation.

La page réclamait notamment une hausse des salaires des professeurs afin que ces derniers n'aient plus recours aux cours particuliers pour améliorer leurs revenus et une révision des programmes éducatifs pour permettre aux étudiants d'intégrer plus facilement le marché du travail.

Les familles dénoncent régulièrement les cours particuliers onéreux proposés par certains enseignants, estimant qu'ils sont obligés d'y inscrire leurs enfants pour leur garantir la réussite dans leurs études, au sein d'un système d'éducation où la corruption favorise la progéniture de grandes familles moyennant des bakchichs.

"On est numéro un en triche", ironisait dimanche l'animatrice de télévision Lamees al-Hadidi, avant de critiquer les méthodes d'enseignement en Egypte: "je sais que vous passez votre temps à mémoriser et à apprendre par coeur. C'est pas normal".

Les autorités ont annulé l'examen d'éducation religieuse qui s'est déroulé dimanche, annonçant une nouvelle épreuve qui aura lieu le 29 juin.

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