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08/06/2016 07:07 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

L'armée tchadienne en renfort au Niger pour "traquer" Boko Haram

L'armée tchadienne faisait mouvement mercredi vers le Niger pour prêter une nouvelle fois main-forte à son voisin, cible vendredi d'une attaque massive et meurtrière menée par les islamistes nigérians de Boko Haram contre la ville de Bosso (sud-est).

Aguerries et habituées au combat contre les jihadistes, les troupes tchadiennes - environ 2.000 hommes "lourdement équipés" - ont commencé à se diriger lundi vers la frontière tchado-nigérienne avec pour ordre de "traquer partout les Boko Haram" une fois sur place, a expliqué à l'AFP à N'Djamena sous couvert d'anonymat une source militaire tchadienne.

Quelque 50.000 personnes ont été déplacées lors de cette attaque massive menée par le groupe jihadiste Boko Haram à Bosso, dans le sud-est du Niger, avait estimé mardi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

L'attaque à Bosso, proche de la frontière nigériane, est une des plus meurtrières menées par Boko Haram au Niger depuis que ce pays est officiellement entré en guerre contre ces insurgés en février 2015.

Selon les autorités nigériennes, le bilan de l'attaque est de 26 morts "côté ami" (24 soldats nigériens et deux miliaires nigérians) et de 55 morts du côté de Boko Haram.

Mardi, des témoins près de Bosso assuraient que le groupe occupait encore la petite ville alors que le gouvernement nigérien avait assuré lundi que "Bosso était totalement sous contrôle". Il n'a pas été possible de joindre directement des habitants de Bosso.

Les pays riverains du lac Tchad (Nigeria, Tchad, Niger, Cameroun) auxquels s'est joint le Bénin, ont formé une force régionale contre ces islamistes nigérians, qui ont prêté allégeance en mars 2015 à l'organisation Etat islamique (EI).

Dès samedi, le président tchadien, Idriss Déby Itno, s'est rendu à Bol, sur les rives du lac Tchad, pour rencontrer les militaires déployés dans la zone et leur "donner les consignes" à suivre après l'attaque de Bosso, a-t-on appris de source militaire.

- "Plus grande crise de déplacés en Afrique" -

Mardi, le président nigérien Mahamadou Issoufou a fait une brève visite à N'Djamena pour s'entretenir avec M. Déby, en première ligne de la lutte contre les groupes jihadistes en Afrique subsaharienne.

En 2015, l'armée tchadienne est déjà intervenue au Cameroun, au Nigeria et au Niger pour contrer l'avancée territoriale de Boko Haram.

Les offensives des armées de la région ont infligé de sérieux revers aux islamistes, contraints d'abandonner certains de leurs bastions nigérians.

Mais le groupe a continué de multiplier les attentats-suicide meurtriers et s'est retranché dans des zones difficiles d'accès, sur des îles du lac Tchad, dans la forêt de Sambisa ou dans les monts Mandara, à la frontière camerouno-nigériane.

L'insurrection de Boko Haram a engendré "la plus grande crise de déplacés en Afrique" avec "plus de 2,4 millions" de déplacés qui ont fui leur foyer à cause des "violences" ou "les mesures anti-insurrectionnelles" (évacuation de zones, interdictions de voyager ou de commercer), a indiqué à la mi-mai le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Le conflit a fait plus de 20.000 morts depuis 2009.

A la mi-mai, lors d'un sommet à Abuja, le président français François hollande avait jugé que les résultats de la lutte contre Boko Haram étaient "impressionnants" mais qu'il fallait faire "davantage" pour aider les pays de la région.

La France est très présente militairement au Niger et au Tchad, où est basé l'état-major de la force Barkhane, chargée de traquer les groupes jihadistes dans le Sahel. A Abuja, M. Hollande avait indiqué que Paris allait continuer "de soutenir la force" régionale, à travers de l'assistance, de la formation et du renseignement.

Les Etats-Unis fournissent également une assistance militaire avec des drones basés au Niger et au Cameroun.

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