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08/06/2016 06:44 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Haïti: les observateurs européens contestent l'annulation des élections

La mission d'observation électorale de l'Union Européenne en Haïti considère comme injustifiée l'annulation du premier tour du scrutin présidentiel, suite aux constats de fraudes relevés par une commission indépendante d'évaluation.

Le travail de la commission "comporte de nombreuses faiblesses factuelles, légales, conceptuelles et méthodologiques", a expliqué le chef de cette mission de l'UE, Elena Valenciano, dans un communiqué publié mercredi.

Les résultats du scrutin du 25 octobre avaient été largement contestés par l'opposition, qui avait condamné un "coup d'Etat électoral" au profit de l'ancien président Michel Martelly.

Le candidat du pouvoir Jovenel Moïse avait recueilli 32,76% des voix contre 25,29% pour Jude Célestin.

Face aux contestations, le second tour de scrutin, initialement prévu le 27 décembre, a été reporté deux fois, obligeant l'instauration, en février, d'un pouvoir de transition dans le pays, suite au départ sans successeur élu du président Michel Martelly.

Pour sortir de cette crise politique, une commission indépendante d'évaluation a étudié les documents électoraux pendant un mois, travail à l'issue duquel elle a recommandé fin mai l'annulation du vote. Son président François Benoit a expliqué qu'il était notamment impossible de retracer l'origine de 40% des votes.

Plus de sept mois après la tenue du scrutin et suivant la recommandation de la commission d'évaluation, le conseil électoral provisoire a annoncé lundi la réorganisation complète de la présidentielle, le 9 octobre et le 8 janvier 2017.

Mais Elena Valenciano rappelle mercredi que, selon les observateurs européens, les élections de 2015 "étaient globalement conformes aux normes internationales, ceci malgré un certain nombre de failles et d'irrégularités observées qui, cependant, n'étaient pas de nature à altérer les résultats dans leur ensemble".

Il revient maintenant à la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et vice--présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, de décider de l'avenir de la mission d'observation électorale européenne, qui avait entamé son travail en juillet 2015 sur invitation des autorités haïtiennes.

amb/are