NOUVELLES
08/06/2016 06:10 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

GB/référendum: Un couac technique met le gouvernement et les pro-UE dans l'embarras

Une panne informatique mardi soir a empêché de nombreux Britanniques de s'inscrire en ligne pour voter au référendum sur l'Union européenne, provoquant l'embarras du gouvernement et la colère du camp du maintien qui s'estime le plus lésé dans l'affaire.

C'est l'afflux massif d'inscrits de dernière minute -la clôture des inscriptions ayant été fixée à mardi minuit- qui a provoqué l'engorgement vers 22H15 locale.

Selon le gouvernement, pas moins d'un demi-million de personnes se sont inscrites mardi, majoritairement des jeunes considérés par les sondages comme plus enclins à voter pour rester dans l'UE lors du référendum du 23 juin.

Dans le détail, 525.000 personnes se sont inscrites dont près de 132.000 avaient moins de 25 ans, contre 13.000 âgées de 65 à 74 ans. Le site a connu des pics de fréquentation à 214.000 personnes par heure tandis qu'un total de 4,5 millions se sont inscrites sur les trois derniers mois, a-t-il précisé.

Devant le Parlement, le Premier ministre David Cameron a appelé les électeurs à continuer de s'inscrire mercredi, malgré l'absence de garantie formelle que ces inscriptions seront prises en compte.

"Nous examinons de manière urgente quelles sont les options pour ceux qui n'ont pas pu s'enregistrer hier soir", a annoncé le gouvernement.

La Commission électorale, qui supervise le bon déroulement du vote, a déclaré de son côté qu'elle soutiendrait toute initiative du gouvernement pour rouvrir les inscriptions, qui nécessite un vote du Parlement.

"Il est vital que tous ceux qui souhaitent participer à ce référendum historique puissent le faire", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Pour la députée travailliste Gloria De Piero, "ce qui s'est passé est inacceptable". Elle a toutefois assuré le gouvernement du soutien inconditionnel de son parti, qui a appelé à voter le maintien dans l'UE, pour étendre le délai d'inscription.

Dès la nuit de mardi à mercredi, son patron Jeremy Corbyn avait appelé à prolonger ce délai.

-"Coup dur" pour les pro-UE?-

"On me dit que le site gov.uk/register-to-vote était planté, empêchant les gens de s'inscrire pour voter pour le référendum sur l'UE. Si c'est le cas, l'échéance doit être repoussée", a-t-il écrit sur Twitter.

Le chef des libéraux-démocrates Tim Farron a lui jugé que ces problèmes pourraient constituer "un coup dur" pour la campagne du maintien qu'il défend, appelant également à une prolongation d'une journée de la période d'inscription.

Le Parti national écossais (SNP), pro-UE, a également relayé l'appel.

L'engorgement du site d'enregistrement est intervenu à l'issue d'un affrontement télévisé qui a vu le chef du parti europhobe Nigel Farage défendre une sortie de l'UE, puis David Cameron soutenir le maintien.

Le dirigeant conservateur a appelé les Britanniques à ne pas choisir "la petite Angleterre de Nigel Farage", jugeant que "la bonne chose à faire, la chose britannique à faire est de se battre pour une Grande-Bretagne dans l'UE" pour éviter que "l'économie souffre".

Nigel Farage a quant à lui affirmé que les "Britanniques ordinaires" venaient de vivre "une période pourrie" avec une baisse de leur niveau de vie liée, selon lui, à l'arrivée massive de travailleurs européens sur le marché britannique.

Un nouveau débat verra s'affronter jeudi soir le chef de file des partisans du Brexit Boris Johnson, ex-maire de Londres, et Nicola Sturgeon, Premier ministre d'Écosse qui défend le statu quo.

Si les Écossais sont très largement favorables au maintien du Royaume-Uni dans l'UE, un Brexit n'entraînerait cependant pas un vote dans la foulée en faveur de leur indépendance, a révélé par ailleurs un sondage TNS paru mercredi alors que le SNP de Mme Sturgeon le souhaite.

Mercredi, selon la moyenne des six derniers sondages établie par le site WhatUKThinks, le camp du maintien dans l'UE était en tête, à 51% contre 49% pour le camp du Brexit.

mc/eg/oaa/pjl

TWITTER