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08/06/2016 03:06 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

GB/Référendum: Un couac technique met le gouvernement dans l'embarras

Les appels se multipliaient mercredi pour réclamer la réouverture des inscriptions pour voter au référendum britannique sur l'Union européenne, après une panne embarrassante du système informatique mardi soir, à quelques heures de l'heure limite pour s'enregistrer.

Le couac est intervenu vers 22H15 locale, soit moins de deux heures avant la clôture des inscriptions et alors qu'un sondage du centre de réflexion américain Pew Research Center montre que l'euroscepticisme gagne du terrain en Europe.

Les électeurs qui ont cherché à s'inscrire ont vu apparaître sur la page officielle la mention "pardon, nous avons des problèmes techniques. S'il vous plaît, réessayez dans un moment" au lieu du formulaire officiel d'enregistrement.

Le gouvernement a expliqué que cette panne était due à une "demande sans précédent" qui a engorgé le site internet avec l'inscription d'un demi million de personnes mardi.

"Nous examinons de manière urgente quelles sont les options pour ceux qui n'ont pas pu s'enregistrer hier soir", a-t-il tweeté mercredi en fin de matinée.

Quelques minutes plus tard, la Commission électorale, qui supervise le bon déroulement du vote, a annoncé qu'elle soutiendrait une initiative du gouvernement pour rouvrir les inscriptions, qui nécessite le vote d'une loi.

Contactée par l'AFP, une porte-parole de la commission électorale a en effet rappelé que l'échéance des inscriptions avait été décidée par une loi votée par le parlement britannique.

Dès la nuit de mardi à mercredi, le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn a appelé à la prolongation de la période d'enregistrement des électeurs.

"On me dit que le site gov.uk/register-to-vote était planté, empêchant les gens de s'inscrire pour voter pour le référendum sur l'UE. Si c'est le cas, l'échéance doit être repoussée", a-t-il écrit sur Twitter.

Le chef des libéraux-démocrates Tim Farron a lui jugé que ces problèmes pourraient constituer "un coup dur" pour la campagne du maintien dans l'UE qu'il défend, appelant également à une prolongation d'une journée de la période d'inscription.

"Le gouvernement est à l'origine d'une véritable pagaille et il faut donner aux gens un jour supplémentaire pour exercer leur droit démocratique", a-t-il dit dans un communiqué.

- "Demande sans précédent" d'inscriptions -

Le parti national écossais (SNP) ainsi que les députés travaillistes Toby Perkins et Yvette Cooper ont également relayé l'appel.

L'engorgement est intervenu à l'issue d'un affrontement télévisé qui a vu le chef du parti europhobe Nigel Farage défendre une sortie de l'UE, puis le Premier ministre conservateur David Cameron défendre le maintien.

David Cameron a appelé les Britanniques à ne pas choisir "la petite Angleterre de Nigel Farage", jugeant que "la bonne chose à faire, la chose britannique à faire est de se battre pour une Grande-Bretagne dans l'UE" pour éviter que "l'économie souffre". "Sortir c'est abandonner et je ne pense pas que nous soyons des déserteurs", a-t-il ajouté.

Concernant l'immigration, thème principal de la campagne pro-Brexit, M. Cameron a estimé qu'il y a des "bonnes et des mauvaises façons" de la contrôler.

Nigel Farage a quant à lui affirmé que les "Britanniques ordinaires" venaient de vivre "une période pourrie" avec une baisse de leur niveau de vie liée, selon lui, à l'arrivée massive de travailleurs européens sur le marché britannique.

Un nouveau débat verra s'affronter jeudi soir le chef de file des partisans du Brexit Boris Johnson, ex-maire de Londres, et Nicola Sturgeon, Premier ministre d'Ecosse qui défend le statu quo.

Si les Ecossais sont très largement favorables au maintien du Royaume-Uni dans l'UE, un Brexit n'entraînerait cependant pas un vote dans la foulée en faveur de leur indépendance, a révélé par ailleurs un sondage TNS paru mercredi alors que le parti national écossais (SNP) de Mme Sturgeon le souhaite.

Mercredi, selon la moyenne des six derniers sondages établie par le site WhatUKThinks, le camp du maintien dans l'UE était en tête, à 51% contre 49% pour le camp du Brexit.

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