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08/06/2016 01:36 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016/Pologne - Boniek: "On s'endort parfois sur le terrain"

"On s'endort parfois sur le terrain", sourit le président de la Fédération polonaise et ancien international Zbigniew Boniek dans un entretien à l'AFP, quand on lui demande quelles sont les faiblesses de son équipe.

Plus sérieusement, il assigne à la sélection un objectif minimum: "Sortir du groupe C", qui comprend également l'Allemagne, l'Ukraine et l'Irlande du Nord.

Q: Il s'agit du troisième Euro pour la Pologne après 2008 et 2012. Que peut espérer la sélection polonaise?

R: "L'Euro n'est pas un tournoi que l'on a l'habitude de disputer. On n'y a jamais obtenu de bons résultats. On a organisé l'Euro en Pologne (en 2012 avec l'Ukraine, ndlr), qui a plu à tout le monde, mais du point de vue sportif nous avons échoué. En Autriche (en 2008), nous avons perdu aussi. C'est notre troisième Euro, nous avons une autre équipe, d'autres ambitions. Mais nous avons les pieds sur terre, nous nous rendons compte que le foot est un jeu imprévisible. Nous voudrions sortir du groupe. C'est l'objectif minimum."

Q: Quels sont les atouts de la Pologne?

R: "On a trois très bons gardiens de but, des attaquants comme Robert Lewandowski du Bayern Munich ou Arkadiusz Milik à l'Ajax Amsterdam, et une bonne défense. Avant, on n'avait que Lewandowski, qui était pratiquement tout seul. Aujourd'hui, on a un nouvel entraîneur qui a su motiver l'équipe. Ce n'est pas un hasard si au cours des deux dernières années, on n'a perdu qu'un seul match, contre l'Allemagne (en match officiel, ndlr). C'est une équipe qui a envie de jouer. Les joueurs aiment jouer pour l'équipe nationale, pour la Pologne. Ce qui compte aussi, c'est que c'est une équipe avec des joueurs unis du point de vue de leur nationalité: on n'a pas de joueurs naturalisés, comme dans d'autres équipes."

Q: Quelles sont ses faiblesses?

R: "On s'endort parfois sur le terrain. On peut bien jouer pendant 20 minutes, puis pendant 5 minutes on joue moins bien. Mais ce sont nos adversaires qui devraient chercher nos faiblesses, on ne va pas les leur souffler."

Q: Quel match sera le plus difficile?

R: "C'est toujours le premier match qui est le plus important. Si vous gagnez le premier match, vous savez à quoi vous en tenir, si vous le perdez, il faut tout rattraper par la suite. L'Irlande du Nord a remporté 21 points lors des éliminatoires, elle n'a pas perdu de match depuis 18 mois. Ce ne sera pas un match facile."

Q: Qu'est ce qui manque à cette équipe par rapport à celle des années 1970-1980 qui a remporté de grands succès?

R: "On manque d'argent. Surtout les clubs. Nous avons vécu une décennie sombre. Ce n'est que maintenant que nous formons bien les jeunes. Nous avons beaucoup de jeunes doués. Mais en ce qui concerne les clubs, leurs budgets sont tout simplement ridicules. On ne peut pas inviter des grands joueurs car on ne peut pas les payer suffisamment bien. Les bons joueurs Polonais partent à l'étranger lorsqu'ils ont 18-19 ans pour gagner de l'argent. En 1974 ou en 1982, nous avons surpris nos adversaires par notre classe, mais surtout par notre préparation physique, notre forme. Lors de la Coupe du monde en Espagne en 1982, nous avons gagné contre la France à Alicante (3-2) car nous étions plus frais, on était fort comme des chevaux de trait. On était éduqué comme ça dans la Pologne communiste, on avait du souffle dans les poumons. Aujourd'hui nous n'avons plus cet avantage. La situation changera lorsque les clubs polonais auront des budgets comme en Espagne ou en France."

Propos recueillis par Bernard OSSER

bo/via/adc