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08/06/2016 04:09 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016: l'Espagne rejoint l'île de Ré les valises lestées de doutes

Supplément de bagages pour l'Espagne: l'improbable défaite contre la Géorgie mardi en amical (0-1) a épaissi les doutes des doubles champions d'Europe en titre à l'heure de rejoindre mercredi leur camp de base pour l'Euro-2016 sur l'île de Ré (Charente-Maritime).

. Quel bilan pour les préparatifs ?

Jusqu'à cet ultime match de préparation, tout allait bien pour la "Roja" à l'approche du tournoi continental (10 juin-10 juillet), avec des démonstrations contre la Bosnie (3-1) et la Corée du Sud (6-1).

Le sélectionneur Vicente del Bosque avait même parlé lundi de "préparation rêvée" pour son équipe, qui avait pourtant dû composer sans plusieurs cadres arrivés tardivement.

Et puis patatras: la Géorgie, modeste 137e nation mondiale, a réussi à neutraliser les stars espagnoles, renvoyées aux démons de leur fiasco au 1er tour du Mondial-2014.

"Ce résultat ne doit pas nous affliger. Cela ne doit pas nous empêcher d'aborder l'Euro sans la moindre pointe de crainte", a néanmoins dédramatisé Del Bosque mardi.

Son équipe a des circonstances atténuantes, comme l'accablante chaleur qui régnait à Getafe (banlieue de Madrid) ou la crainte d'une blessure qui interdisait de se livrer à fond.

En outre, le sélectionneur avait aligné une équipe mêlant titulaires et remplaçants habituels. Quand les cadors Andres Iniesta ou David Silva sont entrés après la pause, la "Roja" a aussitôt retrouvé du brio.

Bref, les trois matches de préparation disputés ont au moins servi à tester de nouvelles options offensives (Lucas Vazquez, Aritz Aduriz, Nolito, Alvaro Morata...). Et à constater que les cadres ont globalement répondu présents, même si le but géorgien mardi est venu d'un relâchement de l'expérimenté défenseur Sergio Ramos.

. Que faire devant l'"autobus" ?

Avec leur défense très compacte et leur sens du sacrifice, les Géorgiens auront sans doute donné des idées aux futurs adversaires des Espagnols, à commencer par la République tchèque lundi prochain à Toulouse (groupe D).

Malgré sa possession de balle hégémonique, la "Roja" est retombée mardi dans son principal travers: la stérilité offensive face aux blocs très regroupés, stratégie souvent comparée en Espagne à un "autobus" garé devant la cage.

"La +Roja+ n'a pas su gérer son absolue domination, ni une situation qui, pendant de nombreuses minutes, a davantage ressemblé techniquement et tactiquement à un match de handball qu'à un match de football", a écrit le quotidien sportif Marca mercredi.

Pour autant, les Espagnols ont eu des occasions. Il ne leur a manqué que la réussite, comme cette frappe de Thiago Alcantara sur le poteau. Et Del Bosque a dit et répété ces derniers temps que ses joueurs n'allaient pas abandonner le jeu de passes qui les a consacrés à l'Euro-2008, au Mondial-2010 et à l'Euro-2012.

"Nous avons choisi une voie qui nous a bien réussi et nous a fait gagner. Nous ne devons pas renoncer à ce jeu mais l'actualiser en permanence", a dit le sélectionneur dans un entretien accordé à l'AFP.

. Quel portier en France ?

Parmi les grandes nations de l'Euro, l'Espagne est la seule à n'avoir pas encore désigné son gardien titulaire. Et le débat fait rage en Espagne entre l'emblématique capitaine Iker Casillas (35 ans, 167 sélections), jugé vieillissant, et son cadet David de Gea (25 ans, 9 sélections), inexpérimenté mais impérial avec Manchester United.

Del Bosque a promis une "transition douce" entre les deux portiers. Mais il n'a donné aucune piste lundi: "Pour voir qui jouera contre la République Tchèque lors du premier match de l'Euro, nous devons attendre le 13 juin".

La presse espagnole, elle, estime globalement que l'heure est venue de lancer De Gea dans le grand bain en France, même si des message "Casillas titulaire" ont fleuri mardi soir parmi les supporteurs sur Twitter.

"L'entraîneur prend les décisions et moi je suis là pour jouer du mieux possible", a réagi De Gea, apparemment imperméable aux doutes et aux questionnements.

jed/pyv