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08/06/2016 03:30 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016: à J-2, la contestation sociale toujours là

Après les grèves dans les transports, les poubelles? A deux jours du coup d'envoi de l'Euro de football, la contestation sociale persiste en France, avec désormais la menace d'une invasion des ordures ménagères dans les rues de Paris.

Alors que près de 8 millions de supporteurs, dont deux millions d'étrangers, sont attendus un peu partout dans le pays, le match France-Roumanie marquera vendredi soir le lancement officiel de l'événement planétaire, sous l'oeil de milliards de téléspectateurs.

Après les sanglants attentats jihadistes en janvier et novembre 2015 à Paris, forces de sécurité et services de renseignement ont mobilisé tous leurs moyens pour prévenir une nouvelle attaque dans les stades, les fan zones et autre lieux publics.

Mais dans l'immédiat, c'est le front de la contestation sociale qui inquiète les autorités, avec toujours des grèves dans les chemins de fer, des manifestations coup de poing des syndicats, et, fait nouveau, un mouvement social des éboueurs de la région parisienne qui prend de l'ampleur et perturbe très sérieusement le ramassage des déchets dans la capitale.

Les trois principaux sites de traitement des déchets autour de Paris étaient à nouveau bloqués mercredi matin, pour la dixième journée consécutive. Des poubelles pleines et malodorantes commencent à s'amonceler dans les rues de la capitale, image désastreuse pour le pays à 48 heures du coup de sifflet de lancement de l'Euro.

-'Acte d'intimidation'- -

Le conflit à la Société nationale des chemins de fer (SNCF), qui porte sur l'organisation du temps de travail interne à l'entreprise publique, se poursuivait mercredi.

Après une négociation marathon, et le recul du gouvernement sur une réforme des conditions de travail des cheminots, un projet d'accord attend toujours la signature des syndicats. Les appels du président François Hollande et de son Premier ministre Manuel Valls à cesser cette grève "incompréhensible" sont restés lettre morte.

Toujours dans le secteur des transports, des négociations se poursuivaient chez Air France pour tenter d'éviter une grève du 11 au 14 juin sur des revendications salariales.

Les mouvements contre un projet de réforme du droit du travail, qui suscite la contestation depuis plus de trois mois, perdurent aussi dans les secteurs du pétrole, les ports et docks, ou de l'énergie, avec en pointe le syndicat CGT, fer de la contestation, qui appelle à une manifestation nationale le 14 juin à Paris.

Des intermittents du spectacle ont brièvement manifesté mercredi matin devant le domicile de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, dont ils ont révélé l'adresse dans le nord de Paris. La ministre a dénoncé un "acte d'intimidation" qui "viole (son) intimité familiale", tandis que le président Hollande a jugé l'incident "parfaitement inadmissible".

Un autre ministre, Emmanuel Macron, incarnant l'aile la plus libérale du gouvernement, avait déjà été visé la semaine dernière par des militants CGT, avec jets d'oeufs et invectives. Depuis le début du conflit, les méthodes parfois expéditives du syndicat ont suscité de vives critiques, notamment de la part du patronat.

Autre facteur qui contribue à alourdir l'atmosphère générale, la météo a de nouveau fait des siennes. De violents orages ont provoqué dans la nuit de mardi à mercredi de fortes inondations sur la moitié nord de la France, après des inondations catastrophiques ces derniers jours ayant fait cinq morts dans le pays.

- 'Un mois de calamités' -

Concernant la sécurité, "nous faisons tout pour éviter une attaque terroriste, et nous nous préparons également à y répondre", a réaffirmé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, alors que l'Etat islamique a promis dans un nouveau message fin mai "un mois de calamité partout pour les non-croyants", à l'occasion du mois de jeûne du ramadan.

L'état d'urgence en vigueur en France depuis novembre a été prolongé jusqu'à fin juillet. Quelque 90.000 policiers, gendarmes et agents de sécurité privés seront mobilisés pour sécuriser les stades et les fan zones, un "effort sans précédent", selon le gouvernement, qui dit aussi s'être préparé au défi plus classique de violences entre hooligans.

Le gouvernement a par ailleurs lancé mercredi une application pour informer les gens d'une quelconque menace. Baptisée "Alerte attentat", cette appli gratuite permet à chacun d'être alerté, sur son smartphone, "en cas de suspicion d'attentat ou d'événement" exceptionnellement grave.

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