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08/06/2016 11:33 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016: à J-2, crainte d'attentats et grèves pèsent sur l'ambiance

La hantise d'attentats et la poursuite de la contestation sociale, entre grève des transports et poubelles débordantes sur les trottoirs pèsent sur l'ambiance en France, à J-2 du coup d'envoi de l'Euro-2016 de football.

Près de 8 millions de supporteurs, dont deux millions d'étrangers, sont attendus dans le pays durant la compétition, dont le match France-Roumanie marquera vendredi soir le lancement officiel.

Après les carnages jihadistes de janvier et novembre 2015 à Paris, forces de sécurité et services de renseignement ont mobilisé tous leurs moyens pour prévenir une nouvelle attaque dans les stades, les "fan zones" et autre lieux publics.

Le défenseur allemand Jérôme Boateng, sur la pelouse du Stade de France le soir des attentats du 13 novembre, a expliqué mercredi que par sécurité, sa femme et ses filles ne viendront pas voir les matches de la Mannschaft, jugeant le risque "trop important".

"Je me sens tout simplement mieux si ma famille n'est pas au stade", a-t-il dit à l'hebdomadaire Sport Bild.

L'état d'urgence en vigueur en France depuis novembre a été prolongé jusqu'à fin juillet.

Quelque 90.000 policiers, gendarmes et agents de sécurité privés sont mobilisés pour sécuriser les stades et les fan zones, un "effort sans précédent" selon le gouvernement, qui dit aussi s'être préparé au risque de violences entre hooligans.

Le gouvernement a par ailleurs lancé mercredi une application "Alerte attentat" pour informer les gens d'une quelconque menace. Elle permet à chacun d'être alerté sur son smartphone "en cas de suspicion d'attentat ou d'événement" exceptionnellement grave.

-Sécurité: concert test jeudi-

Jeudi soir à Paris, un concert géant gratuit de David Guetta au pied de la Tour Eiffel fera office de premier test pour la plus grande "fan zone" de l'Euro-2016.

Le président du comité d'organisation, Jacques Lambert, a indiqué mercredi qu'il n'avait "jamais" été "envisagé d'annuler les fan zones" prévues dans les dix villes hôtes des matches.

A l'avant-veille du démarrage de la compétition, la contestation sociale qui perdure ajoute aux préoccupations des autorités et des organisateurs et des autorités. "C'est un sujet sur lequel nous n'avons aucune prise mais qui nous inquiète", a avoué M. Lambert.

Aux grèves de transports ou aux manifestations coup de poing des syndicats s'ajoute la nouvelle ampleur d'un mouvement social des éboueurs qui perturbe très sérieusement le ramassage des déchets à Paris.

Les trois principaux sites de traitement des déchets autour de Paris étaient à nouveau bloqués mercredi, pour la dixième journée consécutive. Des poubelles pleines et malodorantes s'amoncèlent dans les rues de la capitale, image désastreuse pour les touristes.

- Neuvième jour de grève -

La grève à la Société nationale des chemins de fer (SNCF), où le conflit porte sur l'organisation du temps de travail, a été reconduite jeudi pour une neuvième journée de suite.

Après une négociation marathon, et le recul du gouvernement sur une réforme des conditions de travail des cheminots, un projet d'accord attend toujours la signature des syndicats.

Les appels du président François Hollande et de son Premier ministre Manuel Valls à cesser cette grève "incompréhensible" sont restés lettre morte.

Toujours dans le secteur des transports, des négociations se poursuivent chez Air France pour tenter d'éviter une grève du 11 au 14 juin sur des revendications salariales.

Et les mouvements contre un projet de réforme du droit du travail perdurent aussi, depuis plus de trois mois, dans les secteurs du pétrole, les ports et docks, ou de l'énergie, avec en pointe le syndicat CGT, qui appelle à une manifestation nationale le 14 juin à Paris.

Des salariés du monde du spectacle ont brièvement manifesté mercredi matin devant le domicile de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, dont ils ont révélé l'adresse dans le nord de Paris. La ministre a dénoncé un "acte d'intimidation" qui "viole (son) intimité familiale", tandis que le président Hollande a jugé l'incident "parfaitement inadmissible".

Un autre ministre, Emmanuel Macron, incarnant l'aile la plus libérale du gouvernement socialiste, avait déjà été visé la semaine dernière par des militants CGT, avec jets d'oeufs et invectives. Depuis le début du conflit, les méthodes parfois expéditives du syndicat ont suscité de vives critiques.

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AIR FRANCE-KLM