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08/06/2016 03:23 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Erythrée : "entre 300.000 et 400.000 esclaves" (ONU)

Quelque "300.000 à 400.000" personnes en Erythrée sont "des esclaves" du fait du service militaire illimité, a affirmé mercredi à Genève Mike Smith, président de la Commission d'enquête sur l'Erythrée du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

La Commission, dont le deuxième rapport a été publié mercredi, dénonce notamment la durée illimitée du service militaire ou du service national. "Les responsables érythréens exercent ainsi un droit de propriété sur les citoyens érythréens", indique ce rapport, qui ajoute qu'il "y a de bonnes raisons de croire que les responsables érythréens ont commis le crime d'esclavage, un crime contre l'humanité, de manière systématique et persistante depuis 2002".

"Très peu d'Érythréens sont libérés de leurs obligations de service militaire", a fait valoir M. Smith lors d'une conférence de presse. Cette obligation de servir indéfiniment l'armée est un des motifs pour lesquels les Érythréens fuient par milliers ce petit pays de la Corne de l'Afrique comptant 6,5 millions d'habitants.

Pour la Commission d'enquête, la conscription militaire doit être ramenée à un an et demi au maximum comme prévu.

Selon le rapport, des "crimes contre l'humanité ont été commis de manière généralisée et systématique en Érythrée dans les centres de détention, les camps d'entraînement militaire et d'autres endroits à travers le pays au cours des 25 dernières années".

Devant cette situation, le président de la Commission d'enquête a demandé au Conseil de sécurité de prendre des "mesures ciblées" contre des personnes responsables de ces crimes.

Interrogé sur leurs noms, M. Smith a refusé de répondre.

Concernant les nombreux Erythréens qui cherchent à fuir leur pays, M. Smith a indiqué que la Commission "estime qu'il y a toujours une politique de +tirer pour tuer+, à l'encontre de ceux qui cherchent à traverser la frontière".

En 2015, plus de 47.000 Érythréens ont demandé l'asile en Europe, et la Commission d'enquête demande aux pays de leur accorder le statut de réfugié.

Parmi les recommandations qu'elle présentera au Conseil des droits de l'Homme, la Commission d'enquête demande au gouvernement érythréen d'appliquer la Constitution de 1997 et de ratifier plusieurs conventions qui garantissent les droits de l'Homme.

Elle souhaite la mise en oeuvre des Codes pénal, de procédure pénale, civil et de procédure civile de mai 2015.

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