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08/06/2016 10:07 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Dédommagements pour les familles de victimes civiles de la lutte anti-Boko Haram au Nigeria

Les familles de huit personnes tuées à Abuja par les forces de sécurité du Nigeria dans le cadre de la lutte contre les islamistes du groupe Boko Haram vont recevoir 200.000 dollars chacune à titre de dédommagement, a annoncé mercredi la Cédéao, l'organisation régionale ouest-africaine.

Onze autre personnes qui avaient été blessées lors de la même opération, le 20 septembre 2013 dans la capitale nigériane, vont aussi toucher 150.000 dollars chacune, a ajouté la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui a rendu son jugement mardi.

Le tribunal avait été saisi par un groupe de défense des droits civiques qui avait mis en cause le gouvernement, l'armée et les services de renseignement du Nigeria, estimant que la fusillade avait constitué "une violation flagrante des droits fondamentaux de l'homme à la vie et à la dignité".

Les autorités nigérianes ont assuré que l'ONG n'était pas habilitée à porter l'affaire en justice et que les forces de sécurité avaient tenté de préserver la vie et les biens des citoyens. Mais un jury de trois juges a estimé qu'elles n'avaient pas respecté le droit à la vie.

Les décisions du tribunal ont force de loi auprès des Etats membres de la Cédéao et il n'y a pas de possibilité d'appel.

Les services nigérians de renseignement avaient expliqué que, lors de l'opération en cause, des membres des forces de sécurité étaient à la recherche d'armes cachées dans un bâtiment de la capitale en construction.

Ils auraient alors été pris pour cibles par des combattants de Boko Haram mais, selon un message de l'ambassade des Etats-Unis à Abuja, les violences impliquaient en fait des squatters. Des témoins blessés lors de l'opération avaient ajouté à l'AFP qu'ils n'étaient pas armés.

L'insurrection de Boko Haram dure depuis 2009 et Abuja avait été la cible d'attentats avant 2013, notamment d'un attentat suicide qui avait fait 25 morts contre le quartier général de l'ONU dans la capitale en 2011.

Les forces nigérianes sont régulièrement accusées de graves violations des droits de l'homme dans leur lutte contre le groupe islamiste.

bur-phz/jlb/de