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05/06/2016 13:20 EDT | Actualisé 06/06/2017 01:12 EDT

Pérou: les sondages annoncent une lutte serrée pour la présidence

LIMA, Pérou — Les Péruviens se rendaient aux urnes dimanche pour déterminer qui, des deux candidats conservateurs, remportera la chaude lutte électorale qui se joue pour la présidence. Le scrutin s'est transformé en véritable référendum sur l'héritage laissé par l'ancien président Alberto Fujimori, qui a dirigé le pays d'une main de fer dans les années 1990.

Des sondages récents indiquent que le candidat Pedro Pablo Kuczynski, un ex-économiste de la Banque mondiale, aurait éliminé la longueur d'avance qu'avait sur lui sa rivale, Keiko Fujimori. La fille de l'ancien homme fort du Pérou est une politicienne mieux organisée et plus tranchante dans son style.

Une simulation de vote effectuée samedi par la firme de sondage Gfk, à Lima, évaluait les appuis pour Pedro Pablo Kuczynski à 51 pour cent, contre 49 pour cent pour Keiko Fujimori. La marge d'erreur se situe à plus ou moins 1,6 point de pourcentage.

Une semaine auparavant, Pedro Pablo Kuczynski se positionnait plutôt 4 points derrière sa rivale. Keiko Fujimori l'avait dépassé d'environ 20 points lors du premier tour de scrutin.

Le vote des 885 000 Péruviens vivant à l'étranger, soit 3,8 pour cent de l'électorat, pourrait toutefois être déterminant. Plusieurs avaient déjà, dimanche, remis leur bulletin de vote dans des ambassades et consulats à travers le monde.

M. Kuczynski, âgé de 77 ans et surnommé PPK, avait soutenu la candidature de la fille de l'ancien président Fujimori quand elle s'était présentée en 2011 contre le président sortant Ollanta Humala. Il a depuis pris ses distances, jusqu'à frapper fort dans ses attaques à l'encontre de celle qui est désormais sa rivale.

«Le Pérou est sur le point de devenir un narco-État», avait-il lancé à ses partisans lors du rassemblement qui a clos sa campagne électorale à Lima.

L'ancien économiste faisait alors référence aux liens connus de corruption du père de Keiko Fukimori avec le crime organisé et au rôle qu'il a joué dans des escadrons de la mort. Alberto Fujimori purge actuellement une peine d'emprisonnement de 25 ans pour ces crimes.

Sa fille s'est également retrouvée dans l'eau chaude lorsqu'un rapport a révélé qu'un de ses principaux collecteurs de fonds et secrétaire général de son parti serait la cible d'une enquête de l'agence américaine de lutte contre le trafic de drogue (DEA).