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05/06/2016 07:51 EDT | Actualisé 06/06/2017 01:12 EDT

Irak: les milices chiites pourraient entrer dans Fallouja, prévient leur chef

Les forces paramilitaires chiites enverront des combattants à l'intérieur de Fallouja si les forces gouvernementales n'entrent pas rapidement dans le centre de cette ville à majorité sunnite contrôlée par le groupe Etat islamique (EI), a prévenu dimanche leur chef.

Les forces irakiennes ont lancé dans la nuit du 22 au 23 avril une vaste offensive pour reprendre Fallouja, l'un des principaux bastions de l'EI, situé à 50 km à l'ouest de Bagdad.

Les unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi, dominées par les milices chiites, ont participé à l'encerclement de cette ville il y a deux semaines mais sont jusqu'à présent restées à l'extérieur, laissant les forces du service d'élite du contre-terrorisme (CTS) donner l'assaut sur la cité.

Le Premier ministre Haider al-Abadi a affirmé que les milices chiites --la plupart sous sa responsabilité mais certaines répondant directement à Téhéran-- n'entreraient pas dans Fallouja. Elles ont été accusées à plusieurs reprises d'alimenter le sectarisme et leur participation aux opérations de Fallouja est considérée comme potentiellement explosive.

"Nous sommes partenaires dans la libération (de Fallouja, ndlr), notre mission n'est pas encore finie", a affirmé dimanche à des journalistes Abou Mahdi al-Mohandis le commandant militaire des unités paramilitaires.

"Nous avons accompli la tâche qui nous a été donnée, celle d'encercler (Fallouja), tandis que la libération a été assignée à d'autres forces", a-t-il dit à Bagdad.

"Nous sommes toujours présents dans la zone et nous continuerons à (les) soutenir si la libération se fait rapidement. S'ils n'en sont pas capables, nous entrerons avec eux", a assuré M. Mohandis.

Selon le chef du Hachd al-Chaabi, 2.500 jihadistes seraient retranchés à l'intérieur de la ville, dorénavant presque entièrement assiégée.

Les forces d'élite tentent depuis plusieurs jours de progresser pour entrer dans le centre de Fallouja mais leur avancée est ralentie par une forte résistance des jihadistes et par la présence d'environ 50.000 civils pris au piège de l'offensive et empêchés de fuir par les jihadistes.

- Moins de résistance de l'EI -

Le commandant Mohandis a joué un rôle clé dans la reprise à l'EI des territoires perdus en 2014. Il est considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays et entretient des liens forts avec l'Iran.

Pour lui, "une opération trop longue aurait un plus grand coût et infligerait plus de destructions à la ville, exactement comme ce fut le cas à Ramadi", a-t-il affirmé.

Ramadi est la capitale de la vaste province d'Al-Anbar où se situe également Fallouja. Tombée aux mains des jihadistes en mai 2015, elle a été reprise par les forces gouvernementales en début d'année, lors d'une violente offensive appuyée par les bombardements aériens de la coalition internationale qui ont rasé des quartiers entiers.

Les forces du Hachd al-Chaabi ont "déjà accompli leur tâche en libérant des centaines de m² et en assiégeant les jihadistes", a pour sa part soutenu à l'AFP Yahya Rassoul, le porte-parole du commandement des opérations conjointes dans la lutte antijihadistes.

Dimanche, les forces d'élite irakiennes affrontaient les jihadistes dans les quartiers de Chouhada et Jbeil, situés dans le sud de Fallouja.

"Il y a de la résistance mais un peu moins qu'au cours des jours précédents", a indiqué le général Abdelwahab al-Saadi, commandant de l'opération pour la reprise de Fallouja, précisant que les forces gouvernementales n'avaient pas encore réussi à pénétrer dans la cité par le nord.

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