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05/06/2016 10:58 EDT | Actualisé 05/06/2016 10:58 EDT

Des résidents d'Ahuntsic-Cartierville bloquent un projet de lieu de culte musulman

RADIO-CANADA / RENÉ SAINT-LOUIS

Des résidents d'Ahuntsic-Cartierville qui s'opposaient à l'intégration d'un lieu de culte musulman à un centre communautaire ont remporté leur bataille à l'issue d'un vote par référendum. Sur 486 électeurs, 291 ont refusé la conversion du centre contre 190.

À l'origine de la mésentente, des résidents de confession musulmane, qui se réunissaient déjà au centre pour prier ou discuter, avaient fait une demande auprès des responsables de l'établissement pour qu'il devienne aussi un lieu de culte.

Les responsables ont ensuite transmis la demande au conseil d'arrondissement afin de se conformer à la réglementation en vigueur dans Ahuntsic-Cartierville. Le conseil d'arrondissement avait accepté la demande, mais des résidents du secteur s'y sont farouchement opposés et ont demandé la tenue d'un référendum pour trancher la question.

Le résultat du référendum signifie que les musulmans qui fréquentent le centre pourraient être dans l'obligation de déménager leur lieu de culte.

La question du référendum

« Approuvez-vous la résolution CA16 090031 autorisant les usages de lieu de culte, d'activités communautaires ou socioculturelles et d'école d'enseignement spécialisé pour l'emplacement localisé au 406, rue Legendre Ouest? »

Des inquiétudes liées à la radicalisation

Parmi les résidents opposés à la conversion du centre communautaire en lieu de culte, certains ont avoué redouter une potentielle menace islamiste. D'autres se sont dits préoccupés par l'encadrement des rapports homme-femme dans la religion musulmane.

Du côté des habitués du centre, on dénotait une certaine incompréhension quant à l'attitude des citoyens opposés au projet. Certains d'entre eux attribuaient les tensions à un climat islamophobe.

Le débat entourant la conversion du centre a donné lieu à quelques campagnes de mobilisation dans les deux camps. Des citoyens ont distribué des dépliants aux alentours du centre alors que d'autres ont choisi de lancer des appels à la solidarité sur les réseaux sociaux.

Dans le but de faciliter le dialogue interculturel entre les citoyens, les responsables du centre avaient décidé de tenir deux journées de portes ouvertes durant le week-end.

Environ 43 % des électeurs inscrits se sont prononcés dans le cadre de la consultation.