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04/06/2016 02:46 EDT | Actualisé 05/06/2017 01:12 EDT

Yémen: l'ONU appelée à intervenir après "le massacre" de civils à Taëz

Le gouvernement yéménite a appelé l'ONU à intervenir après la mort de 11 civils dans des bombardements rebelles dans le sud-ouest du Yémen, théâtre samedi de nouveaux combats meurtriers, selon des sources officielles et militaires.

Au total, 11 civils, dont deux femmes et une fille, ont été tués et 60 blessés par la chute d'obus vendredi sur un marché du centre de Taëz, la troisième ville du pays, selon dernier bilan de sources médicales.

"Plusieurs enfants, dont certains amputés d'un bras ou d'une jambe, figurent parmi les blessés", a indiqué à l'AFP une source hospitalière.

Selon des sources provinciales, le marché a été bombardé par les rebelles qui assiègent des secteurs de la ville où vivent quelque 70.000 habitants.

Dénonçant "un massacre", le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi a, dans un communiqué, exhorté l'ONU à "agir d'urgence pour secourir les habitants de la ville d'un génocide perpétré par les putschistes".

Le ministre yéménite des Affaires étrangères Abdel Malak al-Mekhlafi a adressé un message au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le pressant d'agir "contre les crimes des miliciens Houthis à Taëz", selon l'agence Saba.

Malgré la trêve officiellement en vigueur depuis le 11 avril, les combats n'ont jamais cessé dans la province de Taëz où s'affrontent les rebelles, accusés de liens avec l'Iran, et les forces gouvernementales soutenues depuis mars 2015 par une coalition arabe sous commandement saoudien.

Dans la banlieue est de Taëz, quatre soldats ont été tués et six blessés samedi dans de affrontements avec les rebelles et leurs alliés, les forces restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, qui contrôlent le secteur, selon des sources militaires loyalistes.

Le porte-parole de la coalition arabe, le général de brigade saoudien Ahmed Assiri, a critiqué, dans un journal, l'ONU pour avoir placé la coalition sur sa liste noire des parties violant les droits des enfants.

Dans son rapport annuel sur le sort des enfants victimes de conflits armés en 2015 dans 14 pays, l'ONU a relevé que la coalition était responsable à 60% du bilan de 785 enfants tués et de 1.168 mineurs blessés au Yémen.

Ce rapport de l'ONU "n'est pas équilibré" et "n'est pas précis", a commenté le général Assiri dans une déclaration publiée samedi par le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat.

"Les Nations Unies ont été, malheureusement, trompées sur les chiffres et les statistiques que leur ont fournis les miliciens Houthis", a-t-il ajouté, estimant que le rapport "ne sert pas (les négociations de paix) à Koweït" et "complique la mission" du médiateur de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, qui supervise ces pourparlers.

Ces négociations se déroulent depuis le 21 avril pour tenter de mettre fin à un conflit qui a fait, selon l'ONU, plus de 6.400 morts depuis mars 2015 et déplacé 2,8 millions d'habitants.

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