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04/06/2016 10:37 EDT | Actualisé 05/06/2017 01:12 EDT

Tunisie: un parti islamiste radical dénonce l'interdiction de son congrès annuel

Le parti islamiste radical tunisien Hizb ut-Tahrir a vivement dénoncé l'interdiction samedi de son congrès annuel par les autorités et accusé le gouvernement de vouloir le pousser à la confrontation.

La formation, légale depuis 2012, devait tenir ce congrès dans l'après-midi sous le slogan "Le califat va sauver le monde", mais le ministère de l'Intérieur l'a interdit "pour raisons de sécurité".

Bien que le tribunal administratif ait statué en faveur de Hizb ut-Tahrir, le gouverneur de Tunis a fait fermer le Palais des congrès à Tunis, où devait se tenir l'évènement, en vertu de l'état d'urgence en vigueur dans tout le pays.

"Ils veulent nous entraîner dans un conflit avec les forces de sécurité. Mais notre bataille est purement politique et nous n'avons aucun problème avec les forces de l'ordre", a dit à l'AFP par téléphone Mohamed Yessine Smida, un responsable de la communication de ce parti qui veut la mise en place d'un califat et prône la non-violence.

Le ministre de l'Intérieur, Hédi Majdoub, a justifié sa décision par des inquiétudes pour l'ordre public.

"Il est du droit du ministère de l'Intérieur, s'il voit qu'un évènement est susceptible de perturber l'ordre public, de ne pas l'autoriser (...). Il s'agit d'un parti qui ne reconnaît pas le caractère civil de l'Etat", a-t-il dit à l'AFP.

Le gouverneur de Tunis, Fakher Gafsi, a lui assuré à la radio privée Shems FM "craindre que l'Etat soit visé" au vu des communiqués diffusés récemment par le parti.

"Je pense que ce n'est pas une coïncidence qu'un congrès de ce type soit organisé deux jours avant le ramadan (...), qui pour les terroristes est un mois pour égorger, pour tuer. Les slogans des terroristes, leurs objectifs, ce sont les mêmes que ceux de ce parti", a-t-il déclaré, en référence aux attentats jihadistes qui ont frappé la Tunisie ces dernières années, notamment pendant le ramadan, mois de jeûne sacré musulman.

Les images du congrès auraient "nui à la Tunisie" et auraient pu "encourager les cellules dormantes (...) à mener des opérations terroristes", a-t-il avancé.

Aux accusations de menaces à l'ordre public, M. Smida a répliqué que les autorités elles-mêmes n'avaient pas pris en compte la décision du tribunal administratif en faveur de son parti.

Il a par ailleurs affirmé que le congrès de Hizb ut-Tahrir avait pu se tenir normalement les années précédentes.

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