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04/06/2016 06:25 EDT | Actualisé 05/06/2017 01:12 EDT

Roland-Garros - Djokovic et Murray, deux extraterrestres qui se ressemblent

Au-delà de leur revers à deux mains, de leur faible écart d'âge (une semaine) et de leur taille quasi-identique, Novak Djokovic (1,88 m) et Andy Murray (1,90 m), opposés dimanche en finale de Roland-Garros, partagent physique hors norme, art de la relance et cursus à l'étranger.

SUPER ATHLÈTES

Murray est passé d'une allure de grande tige à celle d'un véritable décathlonien au croisement des années 2008-2009. Il sortait de sa première grosse saison, marquée par deux titres en Masters 1000 (Madrid, Cincinnati), les tournois les plus importants derrière les Grands Chelems et le Masters. Avec un régime à base de sushis et de la musculation à foison, le natif de Dunblane s'est taillé un corps musculeux pour maximiser son endurance et sa couverture du terrain. Parmi ses plus beaux tours de force: la victoire en finale de l'US Open 2012 en cinq sets et près de cinq heures contre Novak Djokovic et son parcours en 2015 avec la Grande-Bretagne en Coupe Davis, qu'il a remportée presque à lui seul.

Novak Djokovic fait moins dans la force mais encore plus efficace. Chez lui, pas ou peu de poisson mais un régime culinaire drastique sans gluten - c'était connu depuis 2011 - et dorénavant sans viande depuis un an (il l'a dit lors de Roland-Garros). Draconien en matière d'alimentation, le sextuple lauréat de l'Open d'Australie l'est aussi sur le stretching. Souple depuis l'enfance, il a entretenu cette faculté sur les conseils de son premier coach, Jelena Gencic, qui a aussi formé entre autres Goran Ivanisevic et Monica Seles. Djokovic a pour habitude de faire le grand écart tous les jours au réveil. Un vrai plus sur terre battue où il est capable de se contorsionner en sortie de glissade pour rattraper des balles impossibles.

LA CRÈME DES RELANCEURS

"Ce n'est pas pour rien si Andy Murray fait partie des deux meilleurs relanceurs avec Novak Djokovic", avait dit le Français Richard Gasquet, impressionné par la qualité des retours du Britannique en quarts de finale.

Contre les N.1 et N.2 mondiaux, les plus en difficulté sont sans doute les grands serveurs, car même la balle revient comme un boomerang et avec un angle souvent imparable. Le Français Jo-Wilfried Tsonga, battu sur un retour venu d'ailleurs de Djokovic en huitièmes de finale de Wimbledon il y a deux ans, s'en souvient encore.

Le Croate Ivo Karlovic et l'Américain John Isner, les deux machines à aces les mieux huilées du circuit, ont eux souffert contre Murray, respectivement au troisième tour et en huitièmes de finale.

CURSUS A L'ÉTRANGER

Alors que Rafael Nadal est entraîné par son oncle depuis ses débuts, que Roger Federer a accompli l'essentiel de sa formation chez lui en Suisse, Djokovic et Murray ont dès l'adolescence dépassé les frontières de leur pays pour progresser.

Pour l'Écossais, ce fut l'Espagne. A 15 ans, il avait fait un "grand sacrifice", selon ses termes, - en s'installant à Barcelone, où l'on voue un culte à la terre battue. Entraîné au départ par sa mère, Judy, Murray n'est pas passé par la filière classique de formation du tennis en Grande-Bretagne, qu'il a d'ailleurs critiquée après avoir soulevé le Saladier d'argent. Il a aussi été le premier des membres du "Big Four" à recourir à l'expertise d'une ancienne gloire: le Tchèque Ivan Lendl qui l'a guidé vers ses deux titres en Grand Chelem (US Open 2012 et Wimbledon 2013).

Federer avait suivi en embauchant pendant deux saisons (2014-2015) le Suédois Stefan Edberg ainsi que Djokovic avec l'Allemand Boris Becker resté son coach. Le Serbe a par ailleurs migré vers Munich à 13 ans pour s'entraîner dans l'académie de Niki Pilic, un ancien joueur croate, finaliste de Roland-Garros en 1973.

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