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04/06/2016 08:37 EDT | Actualisé 04/06/2016 08:39 EDT

Personne n'a laissé autant sa marque que Mohamed Ali, selon Bernard Barré

MONTRÉAL - Si Bernard Barré oeuvre activement dans le monde de la boxe depuis au moins trois décennies, c'est beaucoup grâce à Mohamed Ali. Celui qui s'appelait alors Cassius Clay, au début des années 60, lui a fait découvrir un sport qu'il a commencé à chérir alors qu'il fréquentait à peine les bancs d'école et surtout, un homme au charisme incomparable qui n'aura jamais son égal, croit-il fermement.

«Il m'a fait aimer la boxe, absolument, a déclaré Barré en entrevue à La Presse Canadienne tôt samedi matin. J'ai suivi sa carrière amateur alors que j'étais encore 'p'tit gars'. Lorsqu'il a participé aux Jeux olympiques de Rome (en 1960), je n'avais que six ans, mais déjà, j'entendais parler de lui parce que mon père était un amateur de boxe. Quand il a commencé à monter tranquillement en direction du championnat du monde qu'il a gagné contre Sonny Liston en 1964, là j'étais vraiment éveillé! J'avais hâte de lire le journal le matin pour voir ce qui s'était passé.»

«Et quand j'ai commencé à vieillir un peu et que j'ai eu la chance de le voir à la télévision, j'étais très impressionné parce que je m'étais fait une idée d'un grand boxeur. Or, c'était au-delà de ce que j'avais pu imaginer, tellement il avait de talent, de charisme, et qu'il avait compris le principe: je te frappe, et tu ne me frappes pas! Mon amour de la boxe vient beaucoup de lui. Il a attiré mon attention dès mon jeune âge.»

Malgré toutes ses années à osciller dans le monde de la boxe et tous les voyages qu'il a effectués aux États-Unis et ailleurs sur la planète, Barré n'a vu qu'Ali une seule fois en chair et en os, mais il n'a jamais eu la chance de lui parler ou même de lui serrer la main. Mais il se rappelle très bien des circonstances.

«Je l'ai vu aux Jeux olympiques d'Atlanta de 1996, pour lesquels il avait été ambassadeur après avoir allumé la vasque olympique. Je faisais l'analyse d'un combat quand soudainement tous les yeux se sont tournés dans la même direction, vers quelqu'un entouré de sa garde rapprochée, au point où plus personne ne regardait le combat. Mohamed Ali venait d'arriver et il avançait lentement. C'était le pape, le président des États-Unis», compare-t-il.

«J'étais tellement impressionné, mais il fallait que je continue mon travail d'analyste. Mais je voyais que personne ne s'intéressait

à l'affrontement. Pauvre eux; c'est le combat le plus important de leur vie et personne ne se préoccupait d'eux», a raconté celui qui occupe aujourd'hui le poste de vice-président aux opérations et au recrutement au sein du Groupe Yvon Michel.

Si seulement Barré avait pu quitter son siège d'analyste et faire la file pour serrer la main de la légende, il sait très bien quel message il lui aurait livré.

«Je lui aurais dit que je l'admire. Il a été notre meilleur vendeur. J'ai passé ma vie dans la boxe et jamais personne n'a eu un impact comme lui au-delà du sport. Il a eu un impact au niveau politique, au niveau social et tout le monde a fait en sorte d'apprendre à le connaître. Les bédouins dans le désert, et les indigènes dans la jungle le connaissaient. Mohamed Ali ne laissait personne indifférent. On l'aimait ou on le haïssait. Mais les gens n'étaient pas indifférents et ça lui a permis de recevoir d'importantes bourses. Il a touché 2,5 millions $ contre Joe Frazier, 5 millions $ contre George Foreman, 8 millions $ contre Larry Holmes. Il est le premier boxeur à avoir reçu des bourses de cette ampleur. Il faisait rouler l'industrie et il menait les projecteurs vers nous. C'est certain que je l'aurais remercié.»

Si Ali est le plus grand vendeur de l'histoire de la boxe, Barré hésite à lui concéder le titre de plus grand boxeur de tous les temps.

«Il est parmi les meilleurs, mais je ne dirais pas qu'il est le meilleur. Il y en a eu d'autres, des gars comme Joe Louis ou Sugar Ray Robinson et il faut donc faire attention. Mais il est vraiment parmi la crème de la crème. Jamais on ne va l'oublier.»

Si Barré a un regret lorsqu'il pense à Ali, c'est au sujet de la fin de sa carrière et de ses deux dernières défaites.

«Ces deux derniers combats, contre Holmes en 1980 et Trevor Berbick en 1981, ont été de trop. Il n'était plus vraiment le même homme.»

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