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04/06/2016 12:10 EDT | Actualisé 04/06/2016 12:14 EDT

La fois où Mohamed Ali est venu à Rouyn-Noranda

Faire venir le plus grand sportif du 20e siècle en Abitibi-Témiscamingue : ce rêve fou s'est réalisé en juin 1983, lorsque Mohamed Ali s'est rendu à Rouyn-Noranda dans le cadre des Championnats sportifs québécois – une visite surréaliste, racontée dans le documentaire Voir Ali.

La venue du célèbre boxeur au pays des épinettes noires était tombée dans l'oubli pour toutes sortes de raison, a expliqué le réalisateur Martin Guérin, samedi à ICI RDI, quelques heures après l'annonce du décès du célèbre boxeur.

Car sa visite ne s'est pas déroulée comme prévu.

L'histoire débute en mai 1983, alors que deux hommes impliqués dans l'organisation des Championnats sportifs québécois – l'ancêtre des Jeux du Québec – se rendent à Beverly Hills, en Californie, pour convaincre le pugiliste de venir donner une conférence le mois suivant à Rouyn-Noranda. Ali, qui avait pris sa retraite officielle de la boxe deux années plus tôt, gardait la forme en acceptant de temps à autre ce genre d'engagement.

La rencontre a lieu à la résidence du boxeur. « Des gens de Playboy, des sportifs, un paquet de gens » étaient présents, raconte Martin Guérin.

Contre toute attente, le triple champion du monde de boxe accepte la proposition. Le cachet, pourtant, n'était pas particulièrement élevé, loin des « 300 000 $, 400 000 $ ou 1 million de dollars » qu'il aurait pu toucher.

Mohamed Ali arrive donc à Rouyn-Noranda le 13 juin. Il y restera 48 heures, le temps de visiter le chantier hydroélectrique de la baie James et de rencontrer le député et poète Gérald Godin, notamment.

Puis, le 14 juin, Mohamed Ali prend la parole devant un centre récréatif rempli à pleine capacité. À la stupéfaction de tous, le boxeur s'exprime sur l'islam, le racisme et la paix dans le monde; jamais il n'est question de boxe, au grand dam des spectateurs qui, en pleine récession, ont déboursé pas moins de 50 $ pour assister à la conférence.

Deuxième déception : l'événement se solde par un léger déficit.

La visite de Mohamed Ali en Abitibi-Témiscamingue a donc laissé un souvenir doux-amer, que Martin Guérin a néanmoins tenu à raconter grâce aux témoignages de ceux qui ont permis de rendre possible cet événement hors du commun.

« Ce n'est pas un sujet linéaire. La manière dont ça s'est passé... C'est surréaliste, et le film, je pense, le traduit assez bien. Tellement que, dans les premières minutes du film, les gens me disaient : "On a un peu de mal à distinguer le vrai du faux. Est-ce que c'est vrai cette histoire-là? Est-ce que ça s'est vraiment passé comme ça?" Alors que oui, dans les faits, ça s'est passé précisément comme les gens du film le racontent », certifie-t-il.

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