POLITIQUE
03/06/2016 03:59 EDT | Actualisé 03/06/2016 05:23 EDT

Irrégularités au MTQ: l'analyste indépendante Annie Trudel témoignera devant les élus à Québec

QUÉBEC – L’analyste indépendante embauchée par l’ex-ministre Robert Poëti pour faire la lumière sur des pratiques douteuses au ministère des Transports sera finalement entendue en commission parlementaire.

Les députés Martine Ouellet et Éric Caire en ont fait l’annonce au terme de l’audition du commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière, venu présenter la fameuse clé USB remise par l’analyste Annie Trudel au moment de quitter le MTQ.

Ainsi, Annie Trudel, de même que la responsable de l'audit interne au ministère, Louise Boily, seront entendues par la Commission des affaires publiques (CAP), probablement la semaine prochaine.

L’analyste indépendante avait été embauchée par Robert Poëti, alors ministre des Transports, pour enquêter sur des allégations d’irrégularités au MTQ. Son enquête a finalement révélé que des contrats auraient été confiés à d'ex-employés du ministère, que des employés seraient victimes d’intimidation et que le ministère utiliserait une comptabilité des projets opaque.

Par ailleurs, la CAP et l’UPAC se sont entendues pour rendre public le fruit de l’enquête d’Annie Trudel contenu sur une clé USB. Celle-ci contient 2 563 documents, dont certaines informations nominatives devront être caviardées avant la publication.

Huit documents liés à des enquêtes de l’UPAC ne seront pas dévoilés, et les élus n’ont pas pu consulter ceux-ci lors de l’audience. Robert Lafrenière a également confié aux élus qui siègent sur la CAP qu’une quinzaine d’enquêtes sont en cours au MTQ.

Le commissaire de l’UPAC a également révélé que plusieurs de ces enquêtes visent le projet Turcot, selon la députée péquiste Martine Ouellet. «Ils sont allés une centaine de fois sur place, sur les chantiers de Turcot», dit-elle.

Pour le député caquiste Éric Caire, cette clé USB n’aurait jamais dû se retrouver entre les mains de l’UPAC. «99,4% des fichiers n’avaient aucun intérêt pour l’UPAC, et ça, c’est le commissaire Lafrenière qui le dit», a-t-il confié.

À sa sortie de la commission, le commissaire de l’UPAC s’est contenté d’un bref commentaire sans répondre aux questions des journalistes. «La séance de travail a très, très bien été, assure Robert Lafrenière. J’ai pu répondre aux questionnements de tous les parlementaires, je pense, avec la rigueur que vous me connaissez.»

Les députés libéraux qui siègent sur le comité, eux, ont quitté sans s’adresser aux médias. Il s’agissait d’une «bonne rencontre», a simplement lancé le député Jean-Denis Girard, sans s’arrêter.