NOUVELLES
02/06/2016 12:19 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Vente de Rona : la vérificatrice générale contredit le ministre Daoust

Un rapport de la vérificatrice générale du Québec plonge le ministre Jacques Daoust dans l'eau chaude, au point où la Coalition avenir Québec réclame sa démission. Si le ministre Daoust a toujours affirmé ne pas avoir été mis au courant de la liquidation des actions de Rona que détenait Investissement Québec (IQ), Guylaine Leclerc vient contredire sa version des faits.

Mme Leclerc conclut, dans un rapport sur Investissement Québec, publié jeudi, qu'il a approuvé la transaction alors qu'il était ministre de l'Économie, poste qu'il a occupé de mai 2014 à fin janvier 2016.

Selon le document, qui retrace les étapes de la participation financière de l'organisme public dans Rona, le conseil d'administration d'IQ a autorisé la vente de l'ensemble des actions restantes dans Rona en décembre 2014. « Étant donné que l'intervention financière a été effectuée à l'aide des capitaux propres d'IQ, la responsabilité de gérer le dossier par la suite lui incombait, notamment en ce qui concerne la décision de vendre les actions », écrit-elle.

Le rapport indique qu'entre cette date et le mois de février 2015, IQ a liquidé les 10,1 millions d'actions de Rona qu'il détenait encore au montant de 13,59 $ l'action. En février 2013, la société possédait 12 millions d'actions.

« Non, non, non »

L'annonce de la vente de Rona au géant américain Lowe's, en février dernier, avait soulevé des questions sur l'action du gouvernement pour conserver un fleuron québécois et sur le rôle qu'il aurait pu jouer pour empêcher la transaction si IQ avait conservé ses titres.

Lorsqu'un journaliste avait demandé au ministre Daoust s'il était au courant de la vente des parts détenues par Investissement Québec, le ministre Daoust avait alors répondu par la négative, plaidant l'indépendance de l'organisme public.

Les libéraux ne sont toutefois pas les seuls à avoir été au pouvoir lorsqu'IQ s'est départi de blocs d'actions dans Rona. Selon des informations transmises à Radio-Canada par une porte-parole d'Investissement Québec en février dernier, la première transaction a été effectuée le 6 décembre 2013, alors que le PQ était au pouvoir. IQ avait alors vendu 8 % de ses parts dans l'entreprise.

La CAQ réclame la tête du ministre

L'affaire a rebondi à l'Assemblée nationale, où le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel, a réclamé la démission du ministre Daoust, aujourd'hui ministre des Transports.

« Est-ce qu'il a dit la vérité aux parlementaires aux Québécois et aux journalistes, ou est-ce que la vérificatrice générale, elle, ment? » a demandé le député de Granby.

Le ministre Daoust a dit réserver ses commentaires pour plus tard, sans préciser le moment. « J'ai reçu le rapport comme mes collègues à 10 h ce matin. Je vais regarder ce qui est dit, et je reviendrai pour donner une réponse plus complète ».

La veille, le ministre des Transports a dû défendre son ministère, accusé par Annie Trudel, une vérificatrice embauchée par l'ex-titulaire Robert Poëti, d'avoir soumis des documents erronés à la Commission de l'administration publique de l'Assemblée nationale.

Le rapport de la vérificatrice générale a été déposé le même jour que celui sur l'aide financière accordée à Premier Tech par le gouvernement Charest.