NOUVELLES
02/06/2016 01:25 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Un ministre défend les massacres anticommunistes des années 1960 en Indonésie

Le ministre indonésien de la Défense a déclaré jeudi que les victimes des purges anticommunistes du milieu des années 1960, parmi les pires massacres du siècle dernier, "méritaient de mourir".

Au moins 500.000 personnes avaient été tuées dans ce pays d'Asie du Sud-Est.

Le gouvernement a engagé depuis peu des mesures timides pour tenter de faire la lumière sur ce chapitre noir de l'histoire de l'Indonésie, au grand dam des éléments conservateurs au sein des forces de sécurité.

Les massacres avaient commencé après que le général Suharto eut mis en échec un coup d'Etat attribué par les autorités aux communistes. Le général avait pris le pouvoir dans la foulée de ce bain de sang et dirigé l'Indonésie d'une main de fer pendant trois décennies.

Les défenseurs des droits de l'Homme réclament des excuses officielles mais le ministre de la Défense Ryamizard Ryacudu a relevé que lors de sa visite récente au Japon, le président américain Barack Obama n'en avait pas présenté pour la bombe atomique larguée par Washington sur Hiroshima en 1945 qui avait fait environ 140.000 morts.

"Des millions de personnes sont mortes à cause de la bombe, et ça c'était la guerre", a-t-il dit. Les victimes des massacres des années 1960 avaient manigancé un "soulèvement" et partant, "méritaient de mourir".

Le ministre, qui s'exprimait lors d'un rassemblement d'anciens militaires et de groupes nationalistes, a été très applaudi.

Sous le règne de Suharto, les massacres étaient présentés comme une nécessité pour débarrasser le pays du communisme. En parler en public était tabou et personne n'a jamais été poursuivi.

Après la chute du dictateur en 1998, les appels se sont multipliés pour réclamer que l'Indonésie se penche sur ces événements.

En avril, le gouvernement a pris de premières mesures en ce sens, se déclarant favorable à un débat public sur les massacres et annonçant l'ouverture d'enquêtes sur des sites dénoncés par les militants des droits de l'Homme comme étant des fosses communes.

Les éléments conservateurs au sein de l'armée et la police ont rapidement réagi, dénonçant une résurgence supposée du communisme en dépit du fait que le Parti communiste indonésien (PKI) avait été totalement éradiqué pendant les massacres.

Ces dernières semaines ont donné lieu à des vagues d'arrestations de personnes accusées de répandre le communisme, toujours illégal en Indonésie.

rws/sr/ev/nos