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02/06/2016 11:56 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Tunisie: le président favorable à un gouvernement d'union nationale

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi s'est dit favorable jeudi à l'idée d'un gouvernement d'union nationale, face aux critiques persistantes, à condition qu'il inclue le syndicat UGTT et le patronat Utica, Prix Nobel en 2015.

Dans cette hypothèse, M. Essebsi n'a par ailleurs pas écarté l'idée d'un changement de Premier ministre, un an et demi après l'entrée en fonctions de Habib Essid, un indépendant dont le départ a été évoqué par des médias ces dernières semaines.

"D'après ce que j'ai vu (sur le gouvernement actuel), les critiques sont plus (nombreuses) que les appréciations (positives), ce qui m'a poussé à (...) accepter d'examiner la proposition pour la formation d'un gouvernement d'union nationale", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un entretien à la télévision nationale Wataniya 1.

Mais un tel gouvernement devra enregistrer la participation de l'UGTT et de l'Union tunisienne de l'Industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica, patronat), faute de quoi "il ne va pas réussir", a-t-il ajouté.

Ce gouvernement pourrait être dirigé par M. Essid ou une autre personnalité, a encore dit le président, sans autre précision.

Premier ministre depuis 2015, Habib Essid a déjà été contraint de procéder à un large remaniement en janvier, face aux nombreuses critiques sur la gestion économique et sécuritaire du pays.

La Tunisie, pionnière du Printemps arabe, a réussi la transition démocratique née de sa révolution de 2011, en particulier grâce au dialogue national mené en 2013 par un quartette dont faisaient partie le puissant syndicat UGTT et le patronat Utica. Ce quartette a reçu le Nobel de la paix 2015 pour ce rôle décisif.

Mais le pays ne parvient toujours pas à relancer son économie --la croissance a été inférieure à 1% en 2015-- et a connu en janvier sa pire contestation sociale depuis la révolution, à la suite du décès d'un jeune durant une manifestation pour l'emploi à Kasserine, dans le centre défavorisé.

La Tunisie a en outre été frappée depuis l'an dernier par une série d'attaques jihadistes sanglantes. L'état d'urgence, décrété le 24 novembre après un attentat suicide en plein Tunis contre un bus de la sécurité présidentielle (12 agents tués), demeure en vigueur.

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