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02/06/2016 04:00 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Tadjikistan: lourdes peines de prison pour 13 cadres de l'opposition islamique

Treize cadres de l'opposition islamique modérée, accusés d'être liés à une série d'attaques meurtrières contre les forces de l'ordre en septembre 2015, ont été condamnés à de lourdes peines de prison allant jusqu'à la détention à perpétuité, ont annoncé jeudi à l'AFP des haut responsables tadjiks.

Deux chefs du parti de la Renaissance islamique ont été condamnés à la prison à perpétuité tandis que onze autres accusés ont écopé de peines allant jusqu'à 28 ans de prison, ont déclaré des responsables parlant sous couvert d'anonymat.

Le Tadjikistan n'a pas encore fait de commentaires sur ce procès, qui se déroulait à huis clos dans la capitale Douchanbé.

Savrinisso Djourabekova, l'épouse de l'un des accusés, a confirmé à l'AFP que "deux accusés ont été condamnés à la perpétuité" dont son mari Makhmadali Khaït, vice-président du parti de la Renaissance islamique.

M. Khaït est connu pour "son soutien aux droits de l'Homme, à la liberté d'expression et la liberté de religion", a déclaré le mois dernier Steve Swerdlow, chercheur de l'ONG Human Right Watch pour l'Asie centrale.

Le parti de la Renaissance islamique du Tadjikistan, considéré comme modéré, était le seul parti islamique légal dans le pays avant son interdiction fin août, accusé de liens avec l'organisation État islamique (EI). Il avait alors été classé comme organisation terroriste.

Les États-Unis, l'Union européenne et les Nations unies se sont tous déclarés inquiets après l'interdiction du parti et l'arrestation de ses cadres. L'OSCE a dit pour sa part craindre une dérive autoritaire.

Plus de 50 personnes avaient été tuées en septembre dans des affrontements entre forces de l'ordre et rebelles islamistes menés par l'ancien vice-ministre de la Défense Abduhalim Nazarzoda, membre du parti de la Renaissance islamique et démis de ses fonctions peu avant. Un total de 199 personnes avaient été arrêtées suite à ces combats, selon les autorités.

Abduhalim Nazarzoda et 37 de ses militants avaient été tués dans les affrontements, qui ont aussi causé la mort de 14 soldats tadjikes.

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