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02/06/2016 03:00 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Syrie: pressions à l'ONU pour des largages d'aides aux villes assiégées

La France et la Grande-Bretagne mettent la pression à l'ONU en vue de largages d'aides à des localités assiégées en Syrie, notamment la ville rebelle de Daraya où un convoi humanitaire est entré pour la première fois depuis 2012 mais sans nourriture.

Dans la guerre contre le groupe Etat islamique (EI), les forces kurdo-arabes soutenues par les Etats-Unis ont ouvert un nouveau front dans le nord du pays, ne se trouvant plus jeudi qu'à 10 km de la ville de Minbej qui sert de principal voie de ravitaillement depuis la Turquie pour Raqa, capitale de facto des jihadistes en Syrie.

En Irak, les forces gouvernementales soutenues par des milices et combattants tribaux et appuyées par l'allié américain se heurtent à la résistance de centaines de jihadistes à Fallouja, fief de l'EI à 50 km de Bagdad et cible d'une offensive depuis le 23 mai.

A l'ONU, le Conseil de sécurité tient une réunion d'urgence vendredi sur la Syrie pour décider si des largages d'aide humanitaire doivent être effectués sur les villes assiégées. Le mois dernier, les 20 pays du Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG) avaient fixé le 1er juin comme dernier délai pour que des convois puissent avoir accès aux villes assiégées, sans quoi l'ONU procèderait aux largages.

- Risque de 'mourir de faim' -

Or mercredi, à la faveur d'une trêve de 48 heures annoncée par l'allié russe du régime syrien, ce dernier a autorisé pour la première fois l'entrée d'aides à Daraya, ville rebelle située à 10 km de Damas et assiégée depuis quatre ans.

Mais cette aide n'incluait pas de nourriture, au grand désespoir des habitants affamés de cette ville, une des premières à s'être soulevées contre le régime en 2011, détruite à 90%.

"Il est choquant et complètement inacceptable que les camions ne soient pas autorisés à transporter de la nourriture", a déploré Sonia Khush, responsable de l'ONG Save the Children en Syrie.

Le régime tente depuis quatre ans de reprendre Daraya, une ville clé située à seulement 15 minutes en voiture du centre de Damas mais qui est surtout très proche de la base aérienne de Mazzé, siège des redoutables services de renseignements de l'armée de l'air et de leur terrible prison.

La trêve à Daraya a commencé mercredi à 00H01 locale et doit expirer jeudi à 00H01.

L'ambassadeur de Russie auprès de l'ONU, Vitali Tchourkine, a jugé positif l'envoi de ce premier convoi humanitaire et a suggéré de suspendre pour l'heure l'idée de larguer les aides.

Mais Paris et Londres ne sont pas du même avis, l'ambassadeur de France, François Delattre, réclamant à l'ONU des largages pour toutes les zones "où les populations civiles, y compris les enfants, risquent de mourir de faim".

D'autre part, l'opposition syrienne a demandé à l'ONU d'initier à l'occasion du ramadan qui débute dans les prochains jours une trêve dans toute la Syrie à l'exception des secteurs sous contrôle de l'EI, a dit à l'AFP Basma Kodmani, membre du Haut comité des négociations (HCN).

Une trêve initiée par les Américains et les Russes est entrée en vigueur le 27 février mais les bombardements se poursuivent entre rebelles et régime par intermittence.

- Résistance acharnée de l'EI -

Sur le terrain en Syrie, où la guerre a fait plus de 280.000 morts en cinq ans, les forces anti-EI concentraient leurs opérations sur la province septentrionale d'Alep où elles veulent s'emparer de la ville de Minbej, à une quarantaine de km au sud de la frontière turque, pour tenter d'étouffer les jihadistes un peu plus.

Les Forces démocratique syriennes (FDS), alliance dominée par les Kurdes dont font également partie des combattants arabes, ont "déjà pris une vingtaine de villages et se trouvent à 10 km de Minbej", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les combats sont très violents et l'EI oppose une résistance farouche", a-t-il soulignant, expliquant que les jihadistes ne s'étaient retirés que des faibles lignes de défense.

Les FDS sont soutenues par des frappes intenses de la coalition internationale dirigée par Washington, qui ont fait selon l'OSDH au moins 15 morts parmi les civils dont trois enfants, depuis l'ouverture du front de Minbej annoncée mercredi par la coalition.

L'alliance entre Washington et les milices kurdes des YPG -- principale composante des FDS-- a suscité l'ire de la Turquie qui les considère comme "terroristes" et ne veut pas voir les Kurdes contrôler la frontière côté syrien.

ram/feb