NOUVELLES
02/06/2016 13:54 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Rona: Daoust aurait exprimé des réserves à IQ s'il avait été consulté

QUÉBEC — Le ministre Jacques Daoust a déclaré jeudi qu'il aurait exprimé des réserves sur la vente d'actions du quincailler Rona si Investissement Québec (IQ) l'avait consulté avant de liquider sa participation dans l'entreprise passée aux mains d'un concurrent américain au début de l'année.

M. Daoust a affirmé qu'il était d'avis qu'IQ aurait dû conserver ses titres de l'entreprise, achetés à la demande du gouvernement du Québec pour contrer une première offre de Lowe's, en 2012.

Dans une entrevue avec La Presse Canadienne, M. Daoust a maintenu qu'il n'avait jamais été informé et n'avait jamais autorisé la décision d'IQ de liquider tous ses titres de Rona, à la fin de 2014.

«Ma position personnelle dans le dossier Rona, je considérais à l'époque que le redressement n'était pas complété, de cette société-là, elle n'avait pas pris sa pleine valeur à la Bourse, a-t-il dit. Mais là ce n'est pas le ministre qui vous parle, c'est l'investisseur institutionnel, qui était mon métier. On ne m'en a pas parlé. Si on m'en avait parlé, on m'aurait sûrement exprimé des réserves sur le fait d'en disposer.»

M. Daoust s'est retrouvé sur la sellette, jeudi, après la publication d'un rapport affirmant qu'il a autorisé, en décembre 2014, la vente de la totalité des actions du quincailler Rona alors qu'il était au Développement économique.

Dans le document, déposé à l'Assemblée nationale, l'équipe de la vérificatrice générale Guylaine Leclerc a retracé les étapes de la participation financière d'Investissement Québec dans l'entreprise, qui a été acquise par son concurrent américain Lowe's, en février.

Les vérificateurs s'appuient sur des procès-verbaux de la société d'État montrant que M. Daoust, alors qu'il était ministre du Développement économique, était informé que ses actions de Rona seraient liquidées.

«Les membres du conseil d'administration d'IQ ne considéraient pas avoir toute la latitude pour autoriser la vente sans avoir consulté le gouvernement, ont-ils indiqué. D'ailleurs, selon des procès-verbaux du conseil d'administration, ils ont obtenu en décembre 2014 l'accord du ministre avant de vendre la totalité des actions.»

Ces informations contredisent les propos de M. Daoust qui, dans un point de presse le 3 février dernier, s'était fait questionner sur le rôle que le gouvernement aurait pu jouer pour empêcher la transaction si IQ avait conservé ses titres.

À cette occasion, M. Daoust avait assuré qu'IQ avait agi de façon autonome quand la vente de la totalité des actions a été décidée.

Dans une entrevue téléphonique, jeudi, M. Daoust, maintenant ministre des Transports, a contesté la validité des informations inscrites au procès-verbal par la personne chargée de sa rédaction.

«"On fait état de l'accord donné par le ministre responsable, qui serait moi, de l'accord donné à la Société de la totalité des actions de Rona détenues par la Société", a-t-il dit en citant un extrait du document. Ce qui est écrit là, ce n'est pas ça qui s'est passé. Est-ce que quand le président par intérim a expliqué le dossier, ç'a été interprété par le secrétaire comme ça? Ça se peut.»