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02/06/2016 07:41 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Les urgences du Québec affichent la pire performance du monde occidental

Le Commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, dresse un bilan très peu enviable du Québec sur le temps d'attente dans les salles d'urgence de la province.

Dans un rapport rendu public ce matin, le commissaire note que 35 % des patients qui se sont présentés à l'urgence dans la dernière année ont attendu plus de cinq heures avant d'être pris en charge, alors que cette proportion se situe à 15 % en Ontario, à 5 % en Allemagne et aux États-Unis, et à 2 % en Suisse.

Pour corriger ce problème, le commissaire a émis neuf recommandations. Il suggère entre autres d'améliorer l'accès de première ligne en ouvrant les groupe de médecine familiale les soirs et les fins de semaine. Il suggère également d'ajuster le nombre de médecins disponibles lorsque l'achalandage est élevé et de donner davantage de responsabilités aux infirmières.

Selon lui, les hôpitaux qui font piètre figure dans cette étude doivent s'inspirer des pratiques des établissements où le temps d'attente est plus court.

Parmis les meilleures performances, le temps d'attente à l'Hôtel-Dieu de Lévis se démarque avec 68 minutes d'attente, alors que la moyenne est de plus de deux heures dans des hôpitaux de taille comparable.

L'Hôpital général juif, le plus achalandé au Québec, affiche la meilleure performance de sa catégorie avec trois heures et demi d'attente, alors que la moyenne de son groupe est de six heures.

La porte-parole de l'opposition en matière de santé, Diane Lamarre, estime que la solution de l'attente aux urgence se situe ailleurs.

« Elle se situe dans un soutien à domicile efficace, dans des cliniques d'infirmières praticiennes spécialisées qui vont multiplier les points d'accès. Elle se situe dans un service de garde entre les GMF pour garantir que sur un territoire donné, il y a toujours une clinique ou un GMF qui soit ouvert. »

Il s'agissait du dernier rapport d'un commissaire à la santé du Québec puisque le gouvernement Couillard a profité du départ à la retraite de Robert Salois pour abolir son poste.

« C'est définitivement une perte pour le Québec. Si on veut s'améliorer, il faut se comparer et il faut avoir des données. Les provinces et les pays qui sont bons ont tous un organisme indépendant qui fait de la mesure. C'est important de mesurer et c'est important d'analyser pour être capable de savoir si on s'en va dans la bonne direction. »