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02/06/2016 09:49 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Le redressement économique doit être "soutenable par les Grecs", souligne Valls

La France va oeuvrer pour que "les efforts" de redressement économique de la Grèce "soient soutenables par les Grecs eux-mêmes", a déclaré jeudi le Premier ministre français Manuel Valls, au premier jour d'une visite officielle à Athènes.

Sur la question des réfugiés et migrants, dont 52.318 restent bloqués en Grèce après l'exode entamé en 2015, la Grèce doit "avoir le soutien et la solidarité de l'Europe", a également souligné M. Valls.

"Elle a en tout cas le soutien et l'engagement" de la France, a-t-il ajouté, au début d'un entretien avec le chef de l'État grec, Prokopis Pavlopoulos.

Quand son maintien dans l'euro était en jeu, l'été dernier, "nous avons soutenu la Grèce car il est essentiel qu'elle reste dans la zone euro", a rappelé M. Valls.

"Nous continuerons à oeuvrer en ce sens (...) et pour que les efforts sur lesquels la Grèce s'est engagée soient en effet soutenables par les Grecs eux-mêmes", a-t-il ajouté, en réponse à M. Pavlopoulos.

Ce dernier a mis en avant les "grands sacrifices consentis par le peuple grec" pour sortir le pays de la crise sous tutelle de ses créanciers, UE-FMI.

"Il faudra peut-être des actions correctrices dans la zone euro pour que ne soit pas affectée davantage la fondation de l'État social de droit", a ajouté le dirigeant grec.

En matière migratoire, "nous n'oublions pas que la Grèce est aux avant-postes", a encore déclaré M. Valls. "La sécurité et la protection des frontières doit être une priorité" de l'UE a-t-il ajouté.

Il a souligné que l'accord UE-Ankara "doit être respecté par toutes les parties". Ce pacte, sur laquelle la Turquie menace de revenir en raison de divergences avec l'UE, vise à fermer le passage migratoire égéen et à permettre le renvoi en Turquie des migrants et réfugiés arrivés après le 20 mars.

La visite du Premier ministre français, qui doit dîner avec son homologue grec Alexis Tsipras jeudi avant des entretiens vendredi vise à marquer le soutien de Paris à la politique d'Athènes pour résorber la dette publique, selon Matignon.

Seul dirigeant de l'UE issu de la gauche radicale, M. Tsipras a pour sa part appelé à des investissements en Grèce.

Le président russe Vladimir Poutine "a lancé un message fort en ce sens" en visite à Athènes la semaine dernière "nous attendons des messages similaires de la visite" française, a-t-il déclaré en ouvrant dans l'après-midi un conseil des ministres.

M. Valls a maintenu son déplacement en Grèce malgré la forte contestation sociale en France. Il est accompagné du ministre des Finances Michel Sapin et du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Harlem Désir.

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