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02/06/2016 08:52 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Jubilé: le pape dessine son portrait du prêtre idéal, humble et délicat

Le pape François a exhorté jeudi les prêtres catholiques, dans le cadre de "l'Année Sainte de la miséricorde", à savoir se reconnaître "impurs, mesquins ou vaniteux" mais aussi "appelés et élus" par Dieu: double conscience qui doit les conduire à la "délicatesse".

6.000 prêtres et séminaristes --sur un total de quelque 415.000 et 118.000 dans le monde--,s'étaient répartis dans trois basiliques de Rome à l'occasion du "Jubilé des prêtres". Quand Jorge Bergoglio, à l'aide d'analyses psychologiques, d'anecdotes argentines et de nombreuses références évangéliques, a dressé le portrait du prêtre idéal, miséricordieux, disponible, tout le contraire d'un bureaucrate, ils ont parfois applaudi et ri mais sont restés surtout très attentifs.

"Dans l'Eglise nous avons eu et nous avons beaucoup de choses pas très bonnes, et beaucoup de péchés", mais "nous avons toujours suivi l'Esprit" quant au service des pauvres, "sans idéologie", a-t-il estimé.

La bonne transmission du message chrétien passe pour François par la reconnaissance de ses propres péchés, qui seul permet au prêtre d'avoir une attitude qui ne rejette pas: "Qu'est ce que nous ressentons quand les gens nous baisent la main et que nous contemplons notre misère la plus intime", a-t-il lancé comme s'il pensait à lui-même.

"Nous devons, a-t-il poursuivi, nous situer dans l'espace où coexistent notre misère la plus honteuse et notre dignité la plus haute! Sales, impurs, mesquins, vaniteux, égoïstes, et, en même temps (....) appelés et élus, aimés et entourés de soins. Seule la miséricorde rend supportable cette position! Sans cela, ou bien nous nous croyons justes comme les pharisiens, ou bien nous nous éloignons comme ceux qui se sentent indignes. Dans les deux cas notre coeur s'endurcit".

Si "la flamme" de la miséricorde ne prend pas, "c'est que l'un des pôles ne permet pas le contact: ou bien la honte excessive ne dénude pas les câbles (...) ou la dignité excessive couvre les choses avec des gants", a-t-il lancé avec son sens des formules.

Le pape a évoqué la souffrance morale que doit soulager la miséricorde: "Pour une personne en proie à des douleurs atroces", la miséricorde, a-t-il encore observé, ne requiert pas de "l'aspirine" mais parfois "de la morphine".

Dans le dernier des trois prêches, François a abordé la confession, insistant sur la "non condamnation" et invitant à la "délicatesse" en évitant les interrogatoires intrusifs quand les pénitents abordent des sujets délicats. Certains confesseurs, a-t-il dit, cherchent à se faire visionner "un film" de manière malsaine.

Se défendant de "tirer les oreilles" ou de "donner de nouveaux coups de bâtons" aux prêtres, François leur a tout de même lu pour finir la lettre d'un curé d'une province rurale italienne, qui fustigeait "la bureaucratie du sacré" et "l'absence de paternité" de ses supérieurs.

La dernière recommandation de François a été: "ne perdez pas le sens de l'humour!"

jlv/ger