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02/06/2016 13:09 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Grèce: première décision pour le renvoi en Turquie d'un demandeur d'asile syrien

Un demandeur d'asile syrien arrivé en Grèce a été jugé comme pouvant être renvoyé en Turquie en vertu de l'accord migratoire UE-Ankara, dans la première décision en ce sens rendue publique, ont indiqué jeudi à l'AFP des sources proches du dossier.

Arrivé sur l'île grecque de Lesbos après l'entrée en vigueur de ce pacte le 20 mars, l'homme, âgé de 46 ans et s'affirmant homosexuel avait vu sa demande de protection rejetée en première instance par les services d'asile grecs.

Il a fait appel, mais a été débouté par une commission grecque d'appel sur l'asile, qui a jugé que la Turquie était pour lui un pays sûr, a précisé à l'AFP Fotini Barka, de l'ONG Conseil grec pour les réfugiés.

Une source juridique proche du dossier a confirmé ce rejet, précisant qu'il s'agissait de la première décision en ce sens communiquée par une commission d'appel.

"Nous allons entamer des procédures pour tenter de faire annuler cette décision par la justice grecque et obtenir la suspension du renvoi", a affirmé Mme Barka.

Selon l'agence de presse grecque Ana, la commission d'appel s'est prévalu de ce que le demandeur d'asile avait vécu plusieurs années à Istanbul. L'homme a affirmé y avoir été victime de menaces du fait de son orientation sexuelle.

Jusque là, les décisions rendues par les commission d'appel grecques avaient accordé l'asile aux demandeurs concernés, tous Syriens, considérant que la Turquie n'était pas un pays "sûr" pour eux, selon l'ONG Pro Asyl, qui a dénombre au total 10 décisions en ce sens.

Une source gouvernementale grecque avait toutefois exclu que ces verdicts remettent en cause l'accord, soulignant que les dossiers étaient traités "au cas par cas".

Les services grecs d'asile n'en restent pas moins débordés car la plupart des migrants arrivés depuis le 20 mars déposent des demandes d'asile pour tenter d'éviter ou au moins retarder leur renvoi vers la Turquie.

Dans l'attente, près de 8.500 personnes arrivées sur les îles grecques après le 20 mars y restent bloqués, au prix de tensions entre eux et avec les habitants.

Des affrontements entre migrants ont ainsi éclaté jeudi soir dans le camp de migrants de l'île de Samos, après des incidents similaires ayant fait une dizaine de blessés sur l'île de Lesbos, plus au nord, a indiqué une source policière.

cb/cr