DIVERTISSEMENT
18/05/2016 11:28 EDT | Actualisé 02/06/2016 05:36 EDT

Une dizaine d'albums québécois à écouter cet été (VIDÉO)

Il n’y a pas si longtemps, nous avons proposé un condensé d’albums de tous horizons à écouter cet été. Certains venaient de l’Amérique du Nord, de l’Europe et même de l’Australie. Voici cette fois une liste d’albums anglophones et francophones exclusivement québécois qui valent la peine de tendre l’oreille.

Galerie photoUne dizaine d'albums québécois à écouter pendant l'été Voyez les images


1. Île Jésus – Bernhari – Audiogram – sortie le 6 mai

Bernhari offre un ambitieux second album à la fois sombre, poétique et mélancolique. Île Jésus renferme quelques petits bijoux, dont certaines envolées de guitare électrique. La proposition générale fait parfois penser au travail de Jimmy Hunt. Rien de très surprenant puisque le Montréalais Emmanuel Ethier (Peter Peter, Chocolat, Jimmy Hunt) a réalisé l’album. Les ambiances somptueuses et presque hallucinées rappellent aussi les bons trucs du Français Sébastien Tellier (il a aussi fait du mauvais).

2. De l’autre côté des montagnes – Guillaume Arsenault – Coop Les Faux-Monnayeurs - sortie le 6 mai

«Dans la lignée folk intimiste, Guillaume Arsenault propose un bouquet de chansons panoramiques qui sentent l’air vif et le sapinage». Pas mal du tout comme amorce de communiqué de presse. Nous pourrions ajouter que le cinquième album du Gaspésien est délicat, soigné et assez inspiré de la région qu’il chérit. On retrouve beaucoup de tendreté dans la voix et le doigté du guitariste (Dors comme une Montagne), également auteur-compositeur-interprète. Néanmoins, quelques morceaux, telle que la pièce J’aimerais pouvoir te parler sont plus dynamiques. Parfois, à l’écoute de ce disque, on à l’impression d’entendre Patrice Michaud.

3. Best Seller – DJ Champion – Bonsound Records – sortie le 6 mai

Trois ans après la sortie de son album studio électro-symphonique °1, DJ Champion refait surface avec un disque au titre ironique. Lors d’une entrevue avec le Huffington Post Québec, le musicien a affirmé qu’il avait intentionnellement laissé des imperfections dans son travail afin de rendre le tout le plus sincère possible. Toujours imprégné de musique électronique, Best Seller ne contient pas que du bon; certains morceaux comme la discordante Yea-Eah sont plus ou moins réussis. Mais dans l’ensemble, le tout se tient bien. Pour ceux qui aiment l’énergie dansante du travail de Maxime Morin, soulignons qu’il est encore possible d’y trouver son compte sur ce récent opus. Quelques pièces font d’ailleurs penser au très populaire album Chill’em’All (2005). La perle de Best Seller, est probablement la chanteuse de 27 ans, Lou Laurence, de son vrai nom Lauren Clinton. Celle-ci interprète les textes de cinq pièces, y compris les accrocheuses I Can’t Let Go et Life Is Good.

4. Charmant Fiel – Marie-Claudel Chénard (MCC) – sortie le 9 février

Marie-Claudel Chénard navigue sur les eaux du spleen. Son travail est délicat et robuste à la fois. Sa voix, très en avant, est juste et belle. Quant au joli son de sa guitare, il tapisse les cinq morceaux de son EP. Son jeu à l’instrument est en soi une signature. Réalisée par les frères Levac (du groupe Pandaléon), cette production est une belle découverte. Mentionnons notamment la très belle chanson MOCO inspirée d’une ancienne usine, Montreal Cotton Compagny, dans laquelle a travaillé son grand-père. La musique de Marie-Claudel Chénard rappelle le travail de la guitariste-chanteuse Salomé Leclerc.

5. EP1 et EP2 – Face-T – sorties mars 2015, puis été 2016

Figure emblématique de la scène reggae-dancehall québécoise, Face-T a proposé, en mars 2015, une première mouture de manière indépendante: le titre est EP1. Le gars que l’on a connu pour son travail avec la maison de disque Subsonik Records, mais aussi avec Poirier (qui a d’ailleurs produit son premier EP), a roulé sa bosse ici comme ailleurs (Europe, Amérique, Caraïbes) au fil du temps. Outre le reggae-dancehall, il explore aussi le vaste univers de la musique électronique. Le Montréalais - qui a grandi en Jamaïque – a tout récemment publié le dansant morceau Fight Back, qui annonce la sortie de EP2, à la fin de l’été.

6. Samito – Samito – Costumes Records – sortie le 27 mai

Sacré «Révélation Radio-Canada Musique du monde 2015/2016», l’auteur-compositeur-interprète Samito propose des ambiances originales qui sont le fruit de ses expériences vécues autant en Afrique qu’en Amérique du Nord. Originaire du Mozambique, il a séjourné au Cap (Afrique du Sud) avant de venir s’établir à Montréal. Samito a étudié le piano jazz à l’Université McGill. Il a notamment collaboré avec Pierre Kwenders, Radio Radio et Nom de Plume (Alexandre Bilodeau). Sur ce premier album, il est accompagné par le batteur Jonathan Bigras (Galaxie), le guitariste Funk Lion (La Bronze) et le bassiste France Book (Misteur Valaire). Alexis Dumais, Olivier Langevin et Pierre Fortin ont aussi travaillé sur quelques chansons. Son travail mélange le rock, la pop, les rythmes traditionnels africains et le disco Shangaan. Il chante en anglais, en portugais (langue officielle du Mozambique) et en tswa, une langue bantoue parlée aussi dans son pays natal.

7. DIV/SION – Loïc April - sortie le 20 mai

Loïc April a affirmé avoir été influencé par des artistes très distincts pour cet album, dont Françoise Hardy, Slowdive, Roy Orbison ou encore les Pixies. Disons que sur l’encodé, on est relativement loin du travail de la réputée auteure-compositrice-interprète française! April fait dans le rock alternatif, le shoegaze et les atmosphères mélancoliques. Avant de se lancer dans son projet solo, il a fait partie du groupe Protofiev, qui a participé aux Francouvertes, en 2014. À l’hiver dernier, il a proposé un EP qui n’a pas laissé indifférent un label connu de Montréal, qui rediffusera DIV/SION sur différentes plateformes numériques à compter du 20 mai.

8. Friday Night (album live) – Will Butler – Merge Records – sortie le 17 juin

Le multi-instrumentiste Will Butler est le frère de Win, leader du groupe Arcade Fire. En plus d’être membre de la célèbre formation montréalaise, Butler défend sa carrière solo, qu’il a officiellement entamée le 3 mars 2015 en publiant son premier album Policy. Cet album rock assez éclectique (influences très variées: Stax, Pixies, Buddy Holly, The Breeders, Wu-Tang, Talking Heads, Violent Femmes, Bob Dylan, Smokey Robinson) a du très bon même s’il est inégal. Enregistré en bonne partie lors d’une performance scénique au Lincoln Hall de Chicago, Friday Night contient cinq pièces tirées de Policy ainsi que cinq nouveaux morceaux. L’album est complété par deux chansons écrites spécialement pour le média britannique The Gardian. Évidemment, le tout est fortement empreint de la spontanéité et la fébrilité du direct. Bon, Merge est un label indépendant américain, mais on peut dire que l’artiste est d’adoption montréalaise…

9. Les éclats – Amylie – Audiogram – sortie le 13 mai

Après les albums Jusqu'aux oreilles (2008) et Le royaume (2012) la chanteuse Amylie offre Les éclats, un disque aux paroles sensibles et aux arrangements assez épurés (Grand-maman). Quelques pièces, comme Jusqu’au matin et La hauteur, sont relativement vigoureuses. Sur la quasi-totalité de la production, la voix d’Amélie est mise à l’avant-plan. Pensons à la dernière chanson Tout oublier. Enregistré au feu studio Victor, l’album a été réalisé par Amylie, qui a aussi assuré la guitare électrique. Par ailleurs, le bassiste Mathieu Désy et le batteur Robbie Kuster se sont pas mal impliqués sur l’album. Mathieu Lippé et Gaële ont donné un coup de main à l’écriture des textes. Gabriel Gratton, Olivier Langevin, Emmanuel Charron, Marie-Pierre Arthur, Sarah Bourdon et Myëlle ont également collaboré à l’opus comme musiciens invités. Notons que Tchad Blake (The Black Keys, Robert Plant) a mixé le disque. Rien de moins.

10. More Songs Of You - Travelling Headcase – sortie le 15 mai

Travelling Headcase, c'est Stéphane Truchon, un artiste originaire de Rouyn-Noranda qui vit maintenant à Montréal. Ancien foreur dans le Grand Nord canadien, il a troqué le minerai au profit de la musique, il y a quelques années. Ce septième album (il ne chôme pas, en effet) renferme six morceaux anglophones et une chanson en français intitulée Parle-moi de toi. Pour créer l’entièreté de ces pièces, Truchon semble avoir pataugé dans les eaux chargées de la complainte amoureuse. De sa voix vulnérable, trainante et un brin désabusée, il propose une atmosphère folk singulière, qui est renforcée par une utilisation personnalisée de sa guitare acoustique. Lancement, le 28 mai, au Cheval Blanc.

11. Hold/Still – Suuns – Secret City Records et Secretly Canadian – sortie le 15 avril

Impressionné par la grande qualité du récent Hold/Still, notre journaliste revient à la charge (l’album a déjà été abordé dans un autre article): Suuns est un groupe montréalais de musique rock électro un brin sombre qui a déjà produit Zeroes QC (2011) et Images du Futur (2013). De plus en plus remarqué à l’étranger, le quatuor propose d’excellentes ambiances à la fois accrocheuses et graves, faites notamment de synthétiseurs, de guitares électriques et de batterie. Les quatre membres de Suuns sont allés à Dallas, Texas, pour enregistrer l’album avec le réalisateur de renom John Congleton (récipiendaire d’un Grammy en 2014). Hold/Still est bien adapté pour la scène. Le spectacle est à ne pas manquer.