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02/06/2016 07:20 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Communications en ligne : les politiciens canadiens restent majoritairement unilingues

Les politiciens canadiens utilisent davantage l'anglais que le français pour communiquer sur Internet, et peu d'entre eux sont bilingues, selon des chercheurs qui ont étudié leur utilisation de la langue sur les médias sociaux.

Près de 8 000 chercheurs et universitaires se sont rassemblés cette semaine à Calgary pour le 85e congrès sur les sciences humaines, la plus grande conférence universitaire du pays. Parmi eux, Emmanuelle Richez professeure en science politique à l'Université de Windsor fait partie de ce groupe de recherche qui s'intéresse à la langue utilisée par les politiciens sur internet, aux niveaux provincial et fédéral.

Pour leur étude, le groupe de recherche a passé au crible les réseaux sociaux comme Twitter, Facebook, Instagram, mais aussi les sites des partis politiques, afin de voir la langue qui était privilégiée par ces derniers. 

Un choix stratégique, mais qui exclut

Leurs recherches ont démontré qu'il reste difficile de trouver des informations dans une autre langue que l'anglais, au détriment de nombreuses minorités linguistiques au Canada, selon Emmanuelle Richez. « Cela peut créer une fausse démocratie, où certains citoyens n'ont pas les mêmes chances d'être mis au courant des politiques et d'autres informations », explique-t-elle.

Selon l'étude, les partis suivant une idéologie conservatrice tendent aussi plus à s'exprimer dans une seule langue, tandis que les partis proches de la gauche utilisent davantage les deux langues officielles. Elle ajoute que, d'un point de vue de stratégie politique, cela leur permet parfois de cibler une démographie plus qu'une autre, ou d'atteindre plus de gens.

Les langues non officielles sont aussi présentes dans les communications en ligne des députés, mais de manière très minimale, selon Emmanuelle Richez. 

Près de 5 000 présentations se dérouleront durant ce congrès, qui se termine vendredi. 

D'après un reportage de Mario De Ciccio