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02/06/2016 11:17 EDT | Actualisé 03/06/2017 01:12 EDT

Attentat du Bardo: les parties civiles françaises rassurées sur l'enquête

Les rescapés et proches de victimes françaises de l'attentat du musée du Bardo à Tunis ont salué jeudi le "travail sérieux" de l'enquête conduite en Tunisie, à l'issue d'une réunion avec la juge d'instruction chargée du dossier à Paris.

Le 18 mars 2015, deux assaillants avaient ouvert le feu à l'arme automatique sur des touristes qui descendaient de leurs bus pour visiter le musée national avant de les pourchasser dans le bâtiment. L'attaque, revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), avait fait 22 morts, dont 21 touristes. Parmi eux, quatre Français avaient été tués et six autres blessés.

"Le sentiment est positif, l'enquête avance", a déclaré à l'AFP Me Sébastien Busy, qui représente une quinzaine de parties civiles. Plus d'un an après le carnage, la magistrate antiterroriste Isabelle Couzy a réuni pour la seconde fois une trentaine de rescapés de l'attentat et des proches de victimes afin d'exposer les avancées des investigations en Tunisie. "Elle a aussi mis un terme aux rumeurs et fausses informations" qui avaient jeté le trouble, selon Me Busy.

"La juge a notamment souhaité apporter des réponses à ce qu'on a pu lire dans des médias concernant la remise en liberté de huit détenus et le rôle du magistrat tunisien, taxé de complaisance avec le groupe Etat islamique", a rapporté l'avocat. Ces personnes avaient été libérées "au vu de leurs aveux, arrachés sous la torture et d'éléments matériels qui les mettaient formellement hors de cause".

Selon l'avocat, "au regard du travail sérieux réalisé par le magistrat tunisien, il n'y a aucune raison de supposer une quelconque complaisance". A ce jour, une vingtaine de suspects, "la plupart passés par le même camp d'entraînement en Syrie", sont incarcérés en Tunisie.

"Nous demeurons dans l'attente de l'ensemble des pièces du dossier traduites et non encore versées à ce jour à la procédure française", ont déclaré dans un communiqué d'autres avocats de proches de victimes, Samia Maktouf et Philippe de Veulle, tout en saluant "la coopération franco-tunisienne".

"Les victimes s'interrogent notamment sur l'existence d'une nébuleuse terroriste organisée et tentaculaire que tout, en particulier le mode opératoire et les protagonistes, relie à l'évidence à l'attentat de Sousse", selon eux.

Après le musée du Bardo, une autre attaque revendiquée par l'EI avait frappé le 26 juin un hôtel de Sousse au sud de Tunis, tuant 38 touristes sur la pla ge et à l'intérieur d'un hôtel.

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