NOUVELLES
31/05/2016 20:42 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Venezuela: Maduro appelle à la mobilisation contre l'OEA

Le président du Venezuela Nicolas Maduro a convoqué pour mercredi à Caracas une grande marche de protestation contre l'Organisation des Etats américains (OEA) qu'il accuse d'ingérence dans les affaires vénézuéliennes.

"Prétendre intervenir dans les affaires du Venezuela est un crime. J'appelle à la mobilisation contre l'interventionnisme", a lancé M. Maduro mardi soir dans son émission radio-télévisée hebdomadaire.

La colère du président socialiste, héritier et successeur de Hugo Chavez, a été suscitée par une déclaration du secrétaire général de l'OEA, Luis Almagro. Ce dernier a réclamé mardi une réunion urgente des Etats membres de l'organisation début juin pour discuter de "la crise institutionnelle" au Venezuela.

Dans une lettre adressée aux Etats membres, M. Almagro a invoqué la Charte démocratique de l'OEA, instrument utilisé en cas d'"altération de l'ordre constitutionnel" dans l'un de ces Etats, ce qui selon lui est le cas à Caracas. Et il a évoqué la grave crise économique, sociale, politique et institutionnelle que vit le Venezuela.

En réponse, M. Maduro a convoqué pour mercredi "une grande marche anti-impérialiste et +anti-almagriste+" de la jeunesse socialiste contre l'OEA.

Et il s'en est pris personnellement à M. Almagro. "Notre révolution sera absoute par l'Histoire, mais toi, Almagro, tu seras condamné au marécage le plus profond de l'enfer des traîtres à la cause de l'Amérique latine", a-t-il déclaré.

Auparavant, devant un rassemblement de ses partisans, M. Maduro a été encore plus direct envers les dirigeants de l'OEA. "Mettez-vous votre Charte démocratique où vous pouvez. On doit respecter le Venezuela et on ne lui appliquera aucune charte", a-t-il déclaré.

Et il a proclamé "la rébellion nationale face aux menaces internationales". Se référant aux Etats-Unis et à Luis Almagro, M. Maduro s'est dit honoré par les attaques "de l'empire décadent et de ses marionnettes".

Ce n'est pas la première fois que M. Almagro critique le pouvoir de Nicolas Maduro, qu'il accuse de devenir un "dictateur".

Pour sa part, l'opposition vénézuélienne, qui domine le parlement depuis les dernières élections législatives, s'est félicitée de l'initiative de M. Almagro.

"La communauté internationale, y compris l'OEA, ne peut pas ignorer la grave crise humanitaire que nous traversons" et "les violations des droits de l'homme", a déclaré le président de l'Assemblée, Henry Ramos Allup.

Début mai, une coalition d'opposition a réuni 1,85 million de signatures pour réclamer un référendum révocatoire contre M. Maduro. Mais le camp présidentiel a affirmé que cette pétition était entachée de fraudes.

mis/gm/plh/tll