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01/06/2016 07:03 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Syrie: la coalition frappe l'EI sur un nouveau front à Manbij (nord)

La coalition internationale a annoncé mercredi avoir mené 18 frappes aériennes sur des positions du groupe Etat islamique à Manbij dans le nord de la Syrie, où un nouveau front contre les jihadistes s'est ouvert.

Les frappes ont notamment détruit sur les dernières 24 heures "un poste de commandement", "des tours de communication", "six ponts utilisés par l'EI", et "huit positions de combat", selon le bilan quotidien des bombardements publié par le Centcom, le commandement militaire américain au Moyen-Orient.

Selon des responsables américains, les frappes de la coalition menée par les Etats-Unis sont destinées à appuyer l'offensive que viennent de lancer les Forces démocratiques syriennes (FDS) pour reprendre à l'EI la ville de Manbij, stratégiquement située près de la frontière avec la Turquie.

"L'offensive a démarré", la prise de Manbij "est le prochain objectif de la coalition" a déclaré un responsable américain de la défense sous couvert de l'anonymat.

"C'est le premier pas" pour expulser les jihadistes de la "poche de Manbij", le dernier corridor d'accès des jihadistes à la frontière turque, a expliqué ce responsable.

Priver l'EI de tout accès à la frontière serait une victoire déterminante pour la coalition internationale, selon les responsables américains. Elle permettrait d'isoler encore plus complètement les territoires détenus par les jihadistes.

Les Forces démocratiques syriennes qui mènent l'offensive sur le terrain sont une coalition de groupes qui se battent contre l'EI. Elles sont conseillées par les forces spéciales américaines, qui comptent près de 200 hommes dans le nord-est de la Syrie.

Elles sont dominées par les milices kurdes des YPG (Unités de protection du peuple), au grand dam de la Turquie qui considère les YPG comme une émanation du PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan engagé depuis 1984 dans une rébellion meurtrière en Turquie.

Face aux inquiétudes de la Turquie, les responsables américains insistent pour indiquer que les combattants arabes, et non les YPG, sont largement majoritaires dans l'offensive contre Manbij.

"C'est une offensive menée par des Arabes", a insisté le responsable américain de la défense, estimant que les Kurdes représentaient "moins de 20%" des combattants engagés.

Par ailleurs, les Kurdes impliqués dans l'offensive "reviendront" dans leur zone d'influence traditionnelle après la bataille, a indiqué un autre responsable américain de la défense.

La semaine dernière, des photos de l'AFP montrant des forces spéciales américaines arborant des écussons des YPG sur leur uniforme ont provoqué une réaction furieuse d'Ankara.

Dans un geste d'apaisement, les Etats-Unis ont demandé à leurs militaires photographiés d'enlever cet écusson. Mais ils ont clairement indiqué qu'ils continueraient d'appuyer les combattants kurdes, "qui combattent efficacement l'EI".

Les FDS ont lancé également il y a une dizaine de jours une offensive au nord de Raqa, le principal bastion syrien des jihadistes.

Un soldat des forces spéciales américaine a été blessé le week-end dernier en Syrie, le premier soldat américain a être blessé ou tué depuis l'envoi des forces spéciales dans le pays à la fin de l'année dernière.

lby/vog