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01/06/2016 01:50 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Opep: un gel de la production est de facto en place, juge le Venezuela

Le ministre vénézuélien du Pétrole a estimé mercredi à Vienne que la reprise actuelle des cours du pétrole n'était pas due à la stratégie de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) mais à des circonstances exceptionnelles qui avaient agi comme un gel de la production.

Interrogé sur le fait de savoir si le retrait par l'Opep de toute mention d'un plafond de production lors de sa dernière réunion en décembre avait porté ses fruits, Eulogio Del Pino a répondu: "Je ne suis pas d'accord".

La raison de la baisse actuelle de la production de pétrole "est qu'il y a eu plusieurs circonstances (exceptionnelles) au cours des trois dernières mois", a affirmé le ministre lors de son arrivée dans la capitale autrichienne, énumérant une grève des employés du secteur en avril au Koweït, les incendies dans la province pétrolifère de l'Alberta au Canada ou encore les perturbations de production au Nigeria et en Colombie, où le gouvernement a récemment refusé une licence d'exploration à un groupe américain.

"Ce n'est pas la situation du marché, ce sont certaines circonstances" qui ont réduit la production et aidé à la reprise des prix, a précisé le ministre vénézuélien, qui assistera jeudi à la réunion semestrielle du cartel, jugeant qu'un gel de la production était de facto en place depuis quelques mois sur le marché.

"Si vous regardez la production, celle-ci a été gelée. Si vous regardez le déclin (de la production) dans les pays hors-Opep et la situation dans plusieurs pays, la production a été maintenue au même niveau ces trois ou quatre derniers mois, donc nous avons de facto gelé les conditions (de production)", a-t-il expliqué, évaluant que ces perturbations non planifiées de production cumulées avaient retiré plus de 3 millions de barils du marché.

Mais "quand ces circonstances ne seront plus d'actualité, que va-t-il se passer?", s'est inquiété le ministre.

Ce dernier s'est notamment dit préoccupé pour l'approvisionnement en pétrole l'hiver prochain avec "une demande élevée": "nous attendons au moins 2 millions de barils de demande supplémentaire le trimestre prochain", a détaillé le ministre vénézuélien du Pétrole.

Eulogio Del Pino a par ailleurs revendiqué le "rôle historique" de l'Opep, expliquant que si tous les ministres du cartel étaient réunis à Vienne cette semaine, c'était pour "maintenir la défense d'un prix juste pour (leurs) produits", tout en restant évasif quand on lui demandait si ce prix était également juste pour son pays.

Avec près de 300 milliards de barils de réserves pétrolières, les plus importantes au monde, le Venezuela a connu une décennie de prospérité, la plus longue en un siècle d'exploitation pétrolière alors que l'or noir représente 96% des exportations du pays.

jra/rap