NOUVELLES
01/06/2016 06:21 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Opep: des ministres plutôt optimistes face à un marché en voie de rééquilibrage

Les ministres des Etats membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se sont montrés assez optimistes sur le rééquilibrage à moyen terme du marché pétrolier, laissant penser que le cartel opterait pour le statu quo lors de sa réunion jeudi à Vienne.

Le ministre de l'Énergie des Émirats arabes unis, Suhail al-Mazroui, s'est dit "optimiste" concernant l'évolution des prix du pétrole mardi à son arrivée dans la capitale autrichienne, estimant que le baril devrait atteindre un "prix juste" à la fois pour les consommateurs et pour les producteurs d'ici la fin de l'année.

De même, le vice-ministre irakien du Pétrole Fayadh Nema a estimé mercredi à Vienne que "le marché (pétrolier) s'améliorait" et que cette tendance se maintiendrait "dans la seconde partie de l'année".

Avec un baril de pétrole qui avoisine désormais les 50 dollars le baril, et alors que la plupart des organismes internationaux s'accordent à prédire un rééquilibrage du marché d'ici à la fin de l'année, la probabilité que l'Opep infléchisse sa position lors de sa réunion semestrielle par rapport à celle de décembre est jugée hautement improbable par la plupart des observateurs.

L'incapacité des grands producteurs de brut à s'entendre sur une limitation de leur production à la mi-avril à Doha est considérée par beaucoup comme le signe de l'absence d'une réelle volonté de réduire la surabondance mondiale d'offre, à l'heure où le marché semble bien parti pour s'en charger lui-même.

Moins enthousiaste que ses homologues du Golfe, le ministre algérien du Pétrole Salah Khebri a quant à lui déclaré mercredi qu'il attendait "beaucoup de choses" de la réunion de l'Opep, et a de nouveau indiqué qu'il était partisan d'un gel de la production.

Le marché "est en voie" de rééquilibrage mais "il faut qu'on fasse des efforts", a précisé M. Khebri à son arrivée dans la capitale autrichienne.

- Un gel 'de facto' -

Lui aussi plus sceptique sur le rôle qu'a joué l'Opep dans ce début de rééquilibrage, le ministre vénézuélien du Pétrole Eulogio del Pino a jugé mercredi que ce n'était pas "la situation du marché" mais "certaines circonstances" exceptionnelles qui avaient permis de réduire la production et aidé à la reprise des prix.

Selon lui, un gel de la production est "de facto" observé depuis trois à quatre mois sur le marché pétrolier grâce aux interruptions non programmées de production au Canada, au Nigeria et en Colombie.

Mais outre l'amélioration des conditions du marché, un autre facteur rend improbable toute décision de l'Opep en faveur d'une limitation de sa production: le retour en force de l'Iran.

La rivalité opposant Téhéran, de retour sur le marché pétrolier à la faveur de la levée des sanctions occidentales, à l'Arabie saoudite, poids lourd du cartel, a largement contribué à l'impasse des négociations menées depuis le début de l'année. Ryad a toujours indiqué qu'il ne consentirait pas unilatéralement à un gel de la production.

Souhaitant regagner aussi vite que possible le terrain perdu depuis 2012, l'Iran compte exporter, à partir de cet été, 2,2 millions de barils de pétrole par jour, retrouvant ainsi son niveau d'exportation d'avant les sanctions.

Le marché est en train de retrouver "un état d'équilibre", a déclaré mercredi, avant son départ pour Vienne, le ministre iranien du Pétrole Bijan Namdar Zanganeh.

Selon lui, le doublement des exportations iraniennes depuis le début de l'année n'a eu aucun effet négatif sur le marché, qui a au contraire bien absorbé cette offre supplémentaire.

"De façon générale, la croyance est que le marché va finir par se rééquilibrer à un moment donné", ce qui ne devrait guère encourager l'Opep à prendre une quelconque initiative, alors que les prix sont redevenus plutôt confortables pour la plupart des producteurs du cartel, a abondé Alexander Poegl, analyste principal chez JBC Energy.

Le cartel de 13 pays, qui produit environ un tiers du brut mondial, a pompé quelque 32,3 millions de barils par jour (mbj) au premier trimestre 2016, tandis que la production saoudienne a atteint à elle seule 10,13 mbj de janvier à avril, en hausse de 3,5% sur un an.

jra/lpt