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01/06/2016 05:23 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Nucléaire: l'appel d'offres sud-africain attendu dans les prochains mois (France)

L'appel d'offres pour la construction de réacteurs nucléaires en Afrique du Sud est attendu d'ici les prochains mois, a estimé mercredi l'envoyé spécial de la France pour le nucléaire, Pascal Colombani, en visite à Johannesburg pour défendre la candidature française.

"On attend l'appel d'offres depuis un certain temps. Au mois de février, on l'attendait dans les semaines qui suivaient, et il a été reporté et je peux comprendre pourquoi", a déclaré Pascal Colombani à la presse à Johannesburg, en faisant référence aux changements successifs intervenus à la tête du ministère sud-africain des Finances.

"On l'attend désormais entre maintenant et le printemps" sud-africain, qui débute en septembre, a-t-il ajouté.

Le projet sud-africain de construire six à huit réacteurs nucléaires d'une capacité de production de 9.600 MW est en attente depuis le début des années 2000. Il est controversé en raison notamment de son coût élevé, évalué à environ 40 milliards d'euros.

Cinq pays sont sur les rangs: la Chine et la Russie - qui entretiennent des relations politiques étroites avec Pretoria -, la France, la Corée du Sud et les Etats-Unis.

"Il s'agit d'un investissement considérable. Je comprends parfaitement que le ministère des Finances sud-africain regarde le sujet avec beaucoup de précaution", a déclaré Pascal Colombani, envoyé spécial du président français François Hollande pour le partenariat nucléaire avec l'Afrique du Sud.

"Je pense qu'il n'y a aucune raison de douter que cet appel d'offres sera lancé", a-t-il ajouté, rappelant l'engagement en février du président Jacob Zuma de mener à bien le projet et celui de la ministre de l'Énergie Tina Joemat-Pettersson en mai.

Pascal Colombani effectue cette semaine une visite en Afrique du Sud pour "maintenir les contacts au niveau le plus élevé avec les autorités". Il a rencontré la ministre du Développement des Petites Entreprises, Lindiwe Zulu, et doit s'entretenir avec des représentants de la compagnie nationale d'électricité Eskom et de la société publique d'énergie nucléaire Necsa.

Selon Pascal Colombani, la France peut faire valoir plusieurs atouts face à ses concurrents, notamment en termes de sécurité nucléaire, de développement de compétences et de "localisation", à savoir des partenariats avec des entreprises sud-africaines pour construire les réacteurs.

La mise en production de la nouvelle centrale devrait se faire "au milieu de la prochaine décennie", a ajouté Pascal Colombani.

L'Afrique du Sud possède une centrale nucléaire près du Cap (sud), la seule du continent, fournie par des industriels français et en service depuis plus de 25 ans.

Le réseau électrique de l'économie la plus industrialisée d'Afrique, basé essentiellement sur le charbon, frôle en permanence la saturation.

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