POLITIQUE
01/06/2016 11:36 EDT | Actualisé 01/06/2016 11:44 EDT

MTQ: L'opposition veut avoir la clé USB de l'ex-analyste Annie Trudel

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec pressent le premier ministre Philippe Couillard de faire preuve de transparence après qu'une ancienne analyste du ministère des Transports (MTQ), Annie Trudel, eut affirmé que des documents déposés à la Commission de l'administration publique (CAP) par le ministère ont été modifiés.

Dans une lettre envoyée mardi à la présidente de la CAP, la députée péquiste Carole Poirier, Mme Trudel affirme qu'un document déposé par le MTQ à la CAP reproduit intégralement certaines de ses recommandations. Elle demande donc que les documents originaux qu'elle a produits soient publiés en lieu et place.

L'ancienne agente de renseignements de l'Unité permanente anticorruption, qui avait été mandatée par l'ex-ministre Robert Poëti pour enquêter au MTQ, affirme en outre certains documents rendus publics par la CAP n'ont pas été vérifiés.

Elle soutient également qu'un tableau du suivi des recommandations n'a jamais été apporté à son attention ni à celle de l'ex-ministre Robert Poëti. Ce tableau, dit-elle, a été produit après leur départ du MTQ.

Mme Trudel affirme donc que certaines affirmations sont fausses dans ce suivi et elle ne s'explique pas que la commission publie sans vérification des documents erronés.

Une clé USB qui se fait attendre

Le texte rappelle que le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, a affirmé que la clé USB comprenant tous les documents produits ou utilisés dans le cadre du contrat de Mme Trudel avec le MTQ ne devait ni être rendue publique ni être remise aux membres de la Commission.

Plus tôt cette semaine, le premier ministre Philippe Couillard s'est opposé à ce que la CAP ait accès aux informations contenues dans la clé USB d'Annie Trudel. Le vice-président de l'Assemblée nationale, le député libéral François Ouimet, a cependant conclu mardi que l'accès des parlementaires ne pouvait être limité dans ce cas-ci.

Si ce que Mme Trudel dit est vrai, a commenté le chef péquiste intérimaire Sylvain Gaudreault, « ça veut dire que les parlementaires ont été induits en erreur, et ça, c'est inacceptable. »

« On a besoin d'avoir l'information, la bonne et juste information, et quand il y a des documents qui sont déposés à l'Assemblée nationale, on prend pour acquis que ces documents sont vrais », a-t-il ajouté.

« Ça vient renforcer la nécessité de trouver une voie de passage pour que les documents sur la fameuse clé USB soient déposés devant les parlementaires membres de la Commission de l'administration publique », a encore dit M. Gaudreault.

«Je ne comprends pas - ou je peux m'imaginer toutes sortes de choses - par le refus obstiné du premier ministre de refuser d'accepter le dépôt de document et de trouver un terrain d'entente tout en respectant le droit des parlementaires de savoir et la nécessité d'une enquête policière, qui doit avoir quand même une protection de la preuve.»

Sylvain Gaudreault

« Moi, ce que je veux d'abord savoir, c'est quels sont ces documents? Qu'est-ce ce qu'il y a dedans? C'est ça qu'on propose. C'est qu'ils soient déposés et étudiés, tel que le ministère s'y était engagé à la CAP », a aussi dit le chef péquiste par intérim, en rappelant que son parti a aussi proposé d'entendre M. Lafrenière à huis clos à ce sujet.

« C'est très inquiétant » - François Legault

Le chef de la CAQ, François Legault, abonde dans le même sens. « Qu'Annie Trudel vienne nous dire que ses documents ont été modifiés, c'est très inquiétant. Et M. Couillard nous doit des explications. Ce n'est pas normal qu'un document, suite à une enquête, ait été modifié par, probablement, le gouvernement. »

« François Ouimet a pris une décision qui allait dans le sens du gros bon sens, qui est contraire à celle de Philippe Couillard », a ajouté le chef de la CAQ.

« Donc moi, je voudrais qu'une fois pour toutes Philippe Couillard fasse preuve de transparence et permette que tous les documents qui ont été déposés par Annie Trudel soient remis aux parlementaires, et qu'on nous explique pourquoi il y a eu des modifications au document de Mme Trudel ».

À son arrivée au caucus libéral, le premier ministre Couillard a refusé de commenter la situation. « L'UPAC travaille là-dessus », s'est-il contenté de lancer aux journalistes avant de s'engouffrer dans la salle de réunion.

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