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01/06/2016 07:04 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Mozambique: la Renamo dénonce une offensive de l'armée contre sa base

Le leader de l'opposition mozambicaine Afonso Dhlakama, terré dans le maquis, a dénoncé mercredi auprès des médias locaux et internationaux une nouvelle offensive de l'armée contre sa base militaire de Gorongosa (centre).

"Vendredi dernier, le Frelimo [le parti au pouvoir] a une nouvelle fois voulu nous attaquer", a déclaré par téléphone M. Dhlakama aux journalistes rassemblés mercredi au siège du parti à Maputo, la capitale, depuis Gorongosa, la région où se concentrent les tensions militaires qui opposent actuellement le gouvernement à la Renamo, principal parti d'opposition.

"Mais pourquoi veulent-ils me tuer?" a-t-il enchaîné, rappelant les précédentes tentatives d'assassinats l'ayant visé en 2015, et qui ont conduit depuis l'ancien rebelle de la guerre civile (1976-1992) à reprendre le maquis.

Selon M. Dhlakama, l'armée avait déployé 12 blindés d'infanterie militaire et des contingents comprenant des mercenaires chinois, zimbabwéens, angolais et tanzaniens.

Une équipe de journalistes de l'AFP s'était rendue jeudi dernier à Vunduzi, à proximité de la base de Satunjira, et a alors constaté la présence d'une dizaine de blindés et de militaires.

"Ils ont commencé à tirer de loin et on les a laissé s'approcher (...). Puis lorsqu'ils se sont approchés de trop près, ils ont été massacrés", a-t-il ajouté, sans préciser le nombre de morts et de blessés.

Contacté par l'AFP mercredi, le porte-parole des forces de sécurité, Inacio Dina, a rejeté l'initiative de l'attaque sur la Renamo, sans donner de précisions sur l'affrontement en lui-même.

Les forces de la Renamo "attaquent les civils, les institutions et même les positions des forces armées. Et à chaque attaque, les forces armées se doivent de répondre pour protéger les populations", a-t-il ajouté, assurant que l'armée n'avait pas de mercenaires étrangers.

D'après le porte-parole, la Renamo a mené 18 attaques ces quinze derniers jours, faisant 7 morts et 30 blessés parmi les civils, principalement sur les axes routiers du centre du pays.

Fin mai, le gouvernement et la Renamo ont nommé des représentants chargés de préparer une rencontre entre le président Filipe Nyusi et Afonso Dhlakama, et une reprise des négociations de paix interrompues en août 2015 par l'opposition.

Les affrontements se sont cependant intensifiés ces derniers mois, depuis que le chef de la Renamo a annoncé mi-décembre vouloir prendre le pouvoir dans 6 provinces du centre et du nord sur 11.

"Nous avons perdu des centaines et des centaines de membres. Même ceux qui ne sont pas membres ou soutien" de la Renamo ont été touchés, a affirmé M. Dhlakama.

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