DIVERTISSEMENT
01/06/2016 03:40 EDT

Marina Bastarache: un pas à la fois (ENTREVUE)

Paméla Lajeunesse

D’un pas de danse à une réplique épicée dans le décor de Code F, Marina Bastarache construit sa carrière lentement mais sûrement.

La touche-à-tout de 25 ans se réjouit de connaître une ascension mesurée, en crescendo, plutôt que drastique et fulgurante comme en vivent les candidats de téléréalités. Entre sa chaîne YouTube et une prestation sur scène avec Marie-Mai, Marina accepte les engagements comme ils se présentent, sans chercher à brûler d’étapes, même si elle rêve comme bien d’autres de briller longtemps au petit écran.

«Il n’y a rien eu de gros pour moi, explique la jeune femme. Je ne suis pas passée de «rien» au statut d’Éric Salvail, par exemple. La montée va bien. C’est une montée ascendante, certainement, mais ce n’est pas un «boum». J’apprends à vivre avec ça. J’ai beaucoup de projets, j’écris pour des boîtes de production, il y a beaucoup d’affaires qui brassent. Si, un jour, je peux animer, chanter et faire quelques pas de danse, je vais être bien contente. En ce moment, ma corde sensible, c’est l’animation. C’est ce qui me fait tripper, j’aime vraiment ça.»

Cordes à son arc

C’est par le chemin de la danse que Marina Bastarache, native de Montréal qui égrenait toutes ses journées d’été à la Ronde à l’adolescence, a d’abord goûté aux feux des projecteurs. Elle avait tout juste 10 ans qu’elle se trémoussait déjà aux côtés de Véronique Cloutier sur le plateau de La fureur. Elle a ensuite traîné sa grâce et ses mouvements dans des émissions d’envergure telles Star Académie, On connaît la chanson, Le match des étoiles, Prière de ne pas envoyer de fleurs, En direct de l’univers, La voix, Lipsync Battle : face à face, Ces gars-là et quantité de galas.

Sur les planches, elle a accompagné des personnalités de renom comme Céline Dion, Kelly Clarkson, Cee Lo Green, Marie-Mai, Véronic DiCaire, Pierre Lapointe et Matt Pokora. Elle a également été de quelques collectifs, dont Shéhérazade, Hairspray et 50 shades! La parodie musicale, et a même figuré dans le film Step Up 5.

Marina Bastarache aurait aisément pu aspirer à un tel parcours à long terme. Seulement, notre danseuse étoile a rapidement constaté les limites de son art au Québec.

«Si j’avais voulu poursuivre une carrière en danse, ça ferait au moins quatre ans que je serais à Los Angeles, indique-t-elle. À un moment donné, le marché québécois devient saturé; tu en as vu beaucoup, tu as dansé avec les plus grands artistes, tu as fait les plus gros shows qui existent. Après, tu te demandes ce qui t’attend. J’ai fait des tournées à Paris, à Los Angeles, j’ai beaucoup voyagé, même si j’étais basée au Québec. J’en ai donc déjà fait beaucoup. Moi, je suis une fille de défis, de challenge, et je me demandais: what’s next

Oui, elle a songé à s’exiler définitivement aux États-Unis. Mais Marina rêvait d’explorer d’autres créneaux.

«Trop d’affaires m’intéressaient, comme le chant ou l’animation. Je ne suis pas une danseuse à 100%. J’ai des amies qui ne font que ça, et elles sont parties à Los Angeles. L’une d’elles est présentement en tournée avec Selena Gomez. Mais moi, j’ai fait un autre choix, parce que je voulais voir d’autres possibilités.»

Et elle ne l’a pas fait à moitié: formation professionnelle en radio et télévision, ateliers de chant qu’elle fréquente toujours à temps partiel au Cégep Marie-Victorin pour apprendre à lire la musique, baccalauréat en administration, Marina Bastarache garnit soigneusement son coffre à outils.

«J’étudie tout le temps, indique-t-elle. J’aime apprendre. En ce moment, je sais que mon nom circule dans le milieu de la télévision. Lors d’auditions, les boîtes de production me disent souvent que je suis dans leur top 5. Je me dis que le temps viendra, au bon moment. Je crois en la vie, et je continue de travailler fort. Un jour, ça va arriver.»

Idole des jeunes

Pour l’instant, l’hyperactive Marina a, à tout le moins, atteint le statut d’idole du jeune public grâce à Code F, grand succès de VRAK 2 où elle donne son opinion et raconte ses tranches de vie sur mille et un sujets, tabous ou pas, auprès de ses camarades Maripier Morin, Mariana Mazza, Virginie Fortin et Catherine Éthier et plusieurs autres collaboratrices sporadiques. Doit-elle parfois se censurer lorsqu’il est question de thèmes osés, comme la sexualité ou l’alcool, par exemple?

«Il y a des choses que je n’ai pas envie de dire, avoue spontanément Marina. Je me dis toujours que, si je suis gênée de dire un truc devant ma mère, ça ne marche pas. Ma mère est hyper ouverte! Avec elle, je peux lui parler d’un gars et elle va me demander si j’ai couché avec lui. Elle est super à l’aise. Donc, si je n’aimerais pas que ma mère sache quelque chose, je ne le dis pas. C’est mon baromètre.»

Marina Bastarache dit avoir noué quelques belles amitiés sur le plateau de Code F, dont la troisième saison est présentement en tournage.

«Maripier, on ne la voit presque jamais parce qu’elle est super occupée, et Virginie a un chum présentement et, quand elle a un chum, elle reste «encabannée» dans la maison, mais Cat et Mariana sont des filles avec qui j’ai beaucoup d’affinités. Je vais déjeuner avec Mariana, je téléphone souvent à Cat. On trippe, on a du fun ensemble.»

Qui dit vedette de VRAK adulée des adolescent(e)s dit aussi inévitable gestion de réseaux sociaux. Le web peut offrir une multitude d’avenues intéressantes, comme cette chaîne YouTube P.O et Marina qu’elle alimente de vidéos humoristiques en duo avec son ami Pierre-Olivier Beaudoin, mais peut aussi générer son lot de désagréments, de mots blessants et de réflexions inappropriées. Elle qui a formé un couple pendant un peu plus d’un an, en 2014-2015, avec le chanteur Olivier Dion, Marina peut nous en apprendre long sur le sujet. Les jeunes tourtereaux s’étaient rencontrés dans les coulisses de la comédie musicale Hairspray, et leur idylle avait excité bien des claviers.

«Avec Olivier, j’ai dû apprendre à vivre avec les réseaux sociaux et à gérer les commentaires des gens qui chialaient, qui disaient «C’est qui, elle?» ou «Ça ne durera pas…»… Bref, toute la négativité qui vient avec les réseaux sociaux. Maintenant, avec Code F et les followers de la chaîne YouTube, j’apprends à gérer la critique, et à comprendre jusqu’où je peux aller, ou pas. Quand tu veux être animatrice, si tu es trop trash, tu peux perdre des contrats. J’apprends à me positionner, là-dedans.»

De son histoire d’amour médiatisée avec Olivier Dion, Marina Bastarache dit avoir tiré des leçons. Entre autres, celle qui suggère de prendre son temps avant de s’afficher au grand jour au bras de son prochain soupirant.

«Avant de vous tenir au courant, je vais être sûre de ma «patente», jure-t-elle. Ma relation va avoir passé plusieurs tests! Parce que je n’ai pas envie qu’on me parle tout le temps de mes amours. J’aime avoir une vie privée. Je ne dis pas que je vais me cacher, parce que c’est sûr qu’à un moment donné, je vais vouloir publier une photo sur Instagram, et ça va se savoir. Mais je vais prendre mon temps!»

INOLTRE SU HUFFPOST