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01/06/2016 06:16 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Mali: quatre morts, dont un Casque bleu chinois, dans une attaque contre l'ONU revendiquée par Aqmi

Un Casque bleu chinois et trois civils travaillant pour l'ONU au Mali ont été tués dans une double attaque mardi soir à Gao, dans le nord de ce pays théâtre ces dernières semaines d'une recrudescence d'opérations meurtrières contre les forces maliennes et étrangères.

L'assaut a été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), précisant qu'il a été exécuté par des membres de Al-Mourabitoune, groupe du chef jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, a rapporté mercredi SITE, organisation américaine qui surveille les sites Internet islamistes.

Une première attaque a visé mardi vers 20H45 (locales et GMT) le camp de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma). Elle a été suivie d'une autre contre les locaux d'un prestataire pour le Service des Nations unies de lutte contre les mines (UNMAS) dans un quartier distinct, a expliqué la Minusma.

Le camp "a été la cible d'une attaque par mortiers ou roquettes" et "selon les rapports préliminaires, un Casque bleu été tué, trois Casques bleus grièvement blessés", a-t-elle affirmé, sans préciser leurs nationalités. A Pékin, le ministère des Affaires étrangères a annoncé qu'un Casque bleu chinois avait été tué dans "une attaque terroriste" au Mali.

Une source militaire africaine à la Minusma et un civil malien familier de l'ONU à Gao ont précisé à l'AFP que le Casque bleu tué et les trois grièvement blessés étaient tous des Chinois. "C'est la première fois qu'un Casque bleu chinois est tué dans le nord" du Mali, a précisé la source militaire africaine.

Les trois civils tués sont "deux agents maliens privés de sécurité" qui gardaient les locaux de l'UNMAS "et un expert international", selon la Minusma. D'après la source militaire africaine au sein de la mission, il s'agit de deux Maliens et d'un Français.

En outre, selon l'ONU, "plus d'une dizaine des membres du personnel de la Minusma, dont des civils", ont aussi été "légèrement blessés" dans l'assaut contre le camp de la mission.

- 'Crime grave et scandaleux' -

"C'est un crime grave et scandaleux. (...) Nous appelons l'ONU et le Mali à ouvrir une enquête approfondie" sur ces évènements et à "traduire leurs auteurs en justice", a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying.

A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a aussi condamné la double attaque. La France "se tient aux côtés des autorités maliennes comme de la Minusma" dans le cadre de "la lutte contre le terrorisme et en faveur de la stabilisation du Mali", a ajouté le ministère.

La France a été en janvier 2013 le fer de lance d'une intervention militaire internationale - qui se poursuit actuellement - contre des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda ayant contrôlé le nord du Mali pendant près de dix mois (entre mars-avril 2012 et janvier 2013).

Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU et chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, s'est dit "révolté par ces attaques vicieuses, lâches et totalement inacceptables" dans un communiqué.

Le camp de la Minusma abrite "le personnel de la Mission, des civils en majorité, hommes et femmes", les locaux de la compagnie partenaire de l'UNMAS, des civils", a-t-il souligné.

Par ailleurs, une autre attaque, perpétrée mardi soir par des assaillants non identifiés et en fuite, a eu lieu dans le nord du Burkina, à quelques kilomètres seulement de la frontière malienne. Trois policiers burkinabè ont été tués dans cette attaque visant un commissariat.

La double attaque à Gao revendiquée par Aqmi est la dernière d'une série d'attaques contre les forces étrangères déployées au Mali depuis 2013. Le 29 mai, cinq Casques bleus ont péri dans une embuscade dans la région de Mopti (centre).

Le 18 mai, une autre attaque avait fait cinq morts parmi des Casques bleus tchadiens au nord d'Aguelhoc (extrême nord-est). Un sixième soldat de la paix tchadien, blessé, est décédé quelques jours plus tard à l'hôpital. Cet assaut a été revendiqué par un cadre du groupe jihadiste malien Ansar Dine, allié à Al-Qaïda.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés par l'intervention militaire internationale. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

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