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01/06/2016 02:25 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Le japonais Mitsubishi Materials va dédommager des prisonniers de guerre chinois

Le groupe japonais Mitsubishi Materials Corporation va dédommager pour la première fois trois ex-prisonniers de guerre chinois, forcés de travailler pour le géant industriel pendant la Seconde guerre mondiale, un geste qui pourrait préfigurer des accords similaires avec plus de 3.000 victimes.

"Mitsubishi Materials a exprimé ses excuses les plus sincères envers les anciens travailleurs, reconnaissant sa responsabilité historique", a déclaré la compagnie dans un communiqué publié mercredi, à l'issue d'une cérémonie à Pékin.

L'accord prévoit le versement de 100.000 yuans (13.600 euros) à chacun des trois ex-ouvriers de mines pour les préjudices subis.

Mitsubishi Materials a également annoncé la création d'un fonds en Chine afin de retrouver d'autres anciens travailleurs, (plus de 3.700), ou leurs familles dans le cas de ceux qui sont décédés, et dédommager ceux qui remplissent les conditions.

Des dizaines de milliers de Chinois ont été victimes de telles pratiques visant à remédier à la pénurie de main-d'oeuvre en plein conflit mondial.

Le groupe de la galaxie Mitsubishi, présent dans des domaines aussi divers que le ciment ou l'électronique, prévoit aussi l'édification de monuments à leur mémoire.

Mitsubishi Materials avait déjà présenté l'an dernier ses excuses aux ex-prisonniers de guerre américains forcés de travailler dans les mines de son prédécesseur Mitsubishi Mining, estimant leur nombre à près de 900.

Les conglomérats japonais impliqués dans l'effort de guerre ont été démantelés après la défaite nippone de 1945, sur ordre de l'occupant américain.

Des entreprises portant aujourd'hui le même nom, en totalité ou en partie, constituent des entités juridiques différentes, bien qu'elles en soient les héritières.

Cette décision intervient alors que la Chine ne cesse de réclamer au Japon des excuses pour le passé impérialiste nippon. Les différends historiques continuent de façon épisodiques à miner les relations bilatérales, ce qui peut parfois rejaillir sur les affaires des entreprises japonaises en Chine.

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