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01/06/2016 01:27 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Le gouverneur de Tokyo forcé de s'excuser, accusé de dépenses inconsidérées

Le gouverneur de Tokyo s'est vu contraint mercredi de présenter des excuses devant l'Assemblée municipale alors qu'il tente depuis plusieurs semaines de justifier des dépenses dénoncées par la presse comme totalement déconnectées de ses activités politiques.

La mise en cause de Yoichi Masuzoe est une ombre de plus sur Tokyo qui s'apprête à accueillir les jeux Olympiques de 2020, déjà éclaboussés par plusieurs scandales.

Yoichi Masuzoe a reconnu avoir indûment déclaré comme frais liés à son statut d'élu des dépenses et achats personnels, dont des séjours en famille dans des hôtels de luxe ou de coûteux repas dans des restaurants multi-étoilés.

M. Masuzoe a promis de rembourser les frais indus, mais assure néanmoins que tous les faits dénoncés par les médias ne sont pas répréhensibles, renvoyant aux conclusions attendues prochainement d'un comité d'experts mandatés par ses soins.

"Je présente mes profondes excuses à la population de Tokyo et l'assemblée métropolitaine, je vais traiter le problème de la façon la plus stricte", a déclaré le gouverneur en introduction d'un discours devant les autres élus de Tokyo pour l'ouverture de la session du Parlement local.

M. Masuzoe a pris ses fonctions en février 2014, succédant alors à l'écrivain Naoki Inose qui avait brusquement démissionné pour une affaire personnelle de prêt sans intérêt.

M. Masuzoe, un homme de lettres, est aussi accusé par les médias d'avoir utilisé des fonds politiques (dons de sympathisants et subventions de l'Etat) pour acheter une variété d'articles, dont des objets d'arts et documents historiques, lors d'enchères en ligne. Il aurait aussi payé de la même façon des vêtements pour homme et des pyjamas pour enfants, ce qui lui vaut d'être ridiculisé par des journalistes.

Les habitants de la capitale se sont notamment émus des sommes faramineuses déboursées pour un voyage de quelques jours à Londres et Paris, dont la facture s'est élevée pour 21 personnes à 50 millions de yens (plus de 400.000 euros).

Mercredi, cet homme marié et divorcé plusieurs fois, a juré de ne plus voyager en première classe et de veiller "à une gestion sévère des coûts de séjour à l'étranger".

Pas moins de 77% des Tokyoïtes jugent, selon un sondage du quotidien Mainichi réalisé auprès de 1.033 personnes, qu'il "doit démissionner".

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