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01/06/2016 02:53 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Japon: revirement fiscal assumé, le 1er ministre évoque les risques économiques

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a reconnu mercredi contraire à ses promesses la décision de différer une nouvelle fois une hausse de TVA, mais a assuré cette mesure nécessaire face à un risque de crise économique mondiale.

M. Abe, qui prépare le terrain avant un scrutin sénatorial en juillet, a expliqué lors d'une conférence de presse les raisons du report de 30 mois, à octobre 2019, d'une augmentation de la taxe sur la consommation, jusqu'à une échéance "la plus tardive possible".

Selon lui, sa politique de relance abenomics "est certes encore à mi-chemin" mais a porté ses fruits. Et de citer l'emploi, avec "un nombre d'offres qui dépasse le nombre des demandes partout dans les 47 préfectures du pays" et des salaires "qui ont progressé, pas seulement pour les salariés permanents des grandes entreprises".

Pour autant, il existe selon lui un danger de dégradation générale en raison de la conjoncture internationale "pleine d'incertitudes, particulièrement du fait du ralentissement en Chine".

Citant la volonté des dirigeants des sept pays les plus riches (G7) d'agir pour doper la croissance mondiale, il ajoute: "nous devons avoir conscience du risque et agir pour ne pas tomber dans la crise. C'est pour cela que nous allons accélérer les réformes et mettre en oeuvre tous les moyens requis pour éviter un retour en arrière".

Toutefois, le Premier ministre a atténué des propos antérieurs alarmistes et dénoncés comme tels par les médias et analystes sur le danger d'une "crise internationale de la même envergure que celle qui a suivi la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008".

Quoi qu'il en soit, la volte-face de M. Abe sur la TVA est d'autant plus assumée que cette taxe est extrêmement impopulaire.

Assurant cependant que le propre de la démocratie est de demander l'avis des électeurs, M. Abe dit espérer qu'ils se prononceront lors des élections sénatoriales à venir.

"Ce sera une campagne difficile, mais l'alliance au pouvoir a la volonté de les gagner pour mettre en oeuvre notre politique de façon redoublée", a-t-il insisté, implorant la compréhension des citoyens et leurs efforts pour des réformes structurelles qui se font attendre.

L'opposition de gauche est remontée à bloc contre les revirements successifs de M. Abe et entend appuyer sur ce levier pour emporter des sièges.

Elle reste toutefois dans un état convalescent après avoir été écrasée à tous les scrutins nationaux depuis trois ans et demi, à la suite d'un échec au pouvoir entre mi-2009 et fin 2012.

kap/anb/ros