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01/06/2016 08:12 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Israël: une affaire de viol, objet d'une volte-face gouvernementale, se dégonfle

La police israélienne a annoncé mercredi avoir demandé la libération, faute de preuves, de deux Palestiniens arrêtés dans une prétendue affaire de viol sur une Israélienne qui avait causé une vive émotion et une volte-face du Premier ministre.

L'arrestation des deux hommes, dont un mineur, avait été révélée la semaine passée. Ils avaient été arrêtés mi-mai sur la foi des déclarations d'une Israélienne d'une vingtaine d'années.

La jeune femme juive, présentée par les médias comme "mentalement perturbée", avait affirmé que "les deux hommes l'avaient violée et l'avaient humiliée tout en proférant des insultes racistes", a rappelé la police. Les suspects niaient les faits, qui se seraient déroulés plusieurs jours auparavant à Tel-Aviv.

Selon le quotidien Haaretz mercredi, elle a en fait admis auprès des policiers qu'elle avait menti, qu'elle avait une relation consentie avec le Palestinien mineur et que sa famille avait inventé l'histoire de toutes pièces pour mettre fin à leurs relations.

La police n'a pas confirmé ces informations. Elle a indiqué dans un communiqué avoir demandé à la justice la remise en liberté sous caution des deux Palestiniens faute "d'éléments de preuve suffisants pour démontrer la réalité de l'agression". Elle a aussi demandé qu'ils se tiennent à distance de Tel-Aviv et de la jeune femme.

Le tribunal les a effectivement libérés, a rapporté la radio publique. Une troisième personne mise en cause n'a jamais été arrêtée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'était saisi de l'affaire pour dénoncer un "crime affreux" méritant une condamnation unanime, laissant entendre qu'un parti pris anti-israélien empêchait une indignation généralisée.

"On ne peut qu'imaginer ce qui se serait passé si la situation avait été inverse", c'est-à-dire si des juifs avaient violé une Palestinienne, avait-il écrit sur Facebook quand l'affaire était devenue publique la semaine dernière.

La version de la jeune femme avait rapidement été remise en cause jusqu'à ce que la police revienne en arrière sur la connotation présumée politique des faits.

M. Netanyahu a lui-même fait marche arrière le lendemain de sa première sortie sur Facebook. "J'ai été choqué et affecté par la version initiale des faits. Mais j'ai eu tort de m'exprimer sur le sujet avant que l'enquête ne soit terminée", avait-il écrit.

lal-mib/cmk

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