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31/05/2016 23:57 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Hong Kong: des policiers accusés d'avoir battu un manifestant jugés

Sept policiers de Hong Kong accusés d'avoir passé à tabac un manifestant lors du mouvement prodémocratie de 2014 ont plaidé non coupables mercredi à l'ouverture de leur procès.

L'agression de Ken Tsang avait été filmée par la télévision locale. Les images avaient fait le tour du monde tandis que la confiance des habitants de l'ancienne colonie britannique envers la police, jusque là plutôt bien considérée, en avait pris un coup.

On voyait ce militant du Parti civique traîné, menottes aux poignets, dans un parc par un groupe d'agents en civil puis roué de coups de poing et de pied.

Des dizaines de milliers de manifestants avaient pris part à l'immense mobilisation de l'automne 2014 destinée à réclamer un véritable suffrage universel pour la désignation du prochain chef de l'exécutif en 2017.

Mercredi, des partisans des forces de l'ordre s'étaient rassemblés devant le tribunal pour manifester leur soutien aux policiers.

Un seul manifestant prodémocratie s'était déplacé, mettant le feu à une photographie des prévenus.

Les sept policiers, dont des hauts gradés, sont poursuivis pour coups et blessures volontaires. Ils avaient été suspendus de leurs fonctions après leur arrestation.

Le parquet a annoncé que cinq vidéos seraient présentées lors du procès qui devrait durer une vingtaine de jours, la défense déclarant qu'elle allait contester leur authenticité.

Le militant a lui-même été condamné lundi à cinq semaines de prison pour violences contre d'autres policiers, en l'occurrence pour les avoir aspergés de liquide, un incident survenu la même nuit que son passage à tabac.

Près d'un millier de personnes avaient été arrêtées durant les grandes manifestions de 2014, dont le leader étudiant Joshua Wong, devenu le visage du mouvement. Celui-ci est dans l'attente de délibérés dans deux procédures liées aux manifestations.

Les tensions demeurent vives à Hong Kong, où de nombreux habitants ont le sentiment que Pékin durcit sa mainmise.

Aux termes de la déclaration sino-britannique de 1984 sur la rétrocession de Hong Kong, le territoire bénéficie d'une "large autonomie" et du principe "un pays, deux systèmes".

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