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01/06/2016 14:52 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Haïti: d'anciens ministres protestent contre des "persécutions politiques"

Douze anciens ministres de l'administration de l'ancien président haïtien Michel Martelly ont signé mercredi une note de protestation contre des mesures d'interdiction de sortie du territoire émises par un commissaire du gouvernement qui enquête sur la gestion des fonds publics.

Les signataires, dont l'ancien Premier ministre Evans Paul, "tiennent à dénoncer ces mesures arbitraires, illégales, anticonstitutionnelles et anti-démocratiques assimilables à des persécutions politiques", peut-on lire dans la note diffusée auprès des médias.

Nommé en avril par le président provisoire au poste de commissaire du gouvernement de Port-au-Prince (l'équivalent en Haïti du procureur), Me Jean Danton Léger s'est fixé comme objectif de faire la lumière sur la gestion des fonds publics sous le mandat de Michel Martelly.

"Par rapport à des dossiers que j'ai, ils sont dans le collimateur de la justice", a répondu Jean Danton Léger à un journal haïtien qui l'interrogeait mardi soir sur sa décision d'émettre des mesures d'interdiction de sortie du territoire à l'encontre des deux anciens Premiers ministres, Evans Paul et Laurent Lamothe.

Cette affaire révèle la tension politique qui perdure en Haïti entre la précédente administration et le pouvoir en place, mené par le président provisoire Jocelerme Privert, élu par le Parlement après le départ, sans successeur élu, de Michel Martelly en février.

Les conseillers juridiques des anciens ministres dénoncent l'illégalité de ces interdictions de sortie du territoire car, selon la Constitution, seule la Haute cour de justice, le Sénat ou la Chambre des députés, peut convoquer un ministre.

En réponse, le ministre de la Justice Camille Junior Edouard a annoncé mercredi lors d'une conférence de presse que le pays était "dans un état de droit et cela implique que tout le monde soit disponible pour la justice. C'est un exercice normal qui ne doit pas être dramatisé" a-t-il dit.

Le garde des sceaux haïtien a tenu à dépolitiser l'affaire en assurant que "le président Privert, le chef du gouvernement et l'ensemble du gouvernement ne sont pas impliqués, ni de près ni de loin, dans des mesures que les magistrats prennent".

amb/bdx