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01/06/2016 15:31 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Haïti: annulation des décisions de justice visant d'anciens ministres

Le parquet de Port-au-Prince a annulé en fin d'après midi mercredi les mesures d'interdiction de sortie du territoire émises contre des ministres de l'ancien président haïtien Michel Martelly et contre les membres de l'ancien conseil électoral.

Cette annulation est intervenue quelques heures après la protestation écrite de douze ancien ministres, dont l'ancien chef du gouvernement Evans Paul, contre des mesures qu'ils jugeaient "arbitraires, illégales, anticonstitutionnelles et anti-démocratiques assimilables à des persécutions politiques", selon leur note diffusée auprès des médias.

Nommé en avril par le président provisoire au poste de commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, l'équivalent en Haïti du procureur, Me Jean Danton Léger s'est fixé comme objectif de faire la lumière sur la gestion des fonds publics sous le mandat de Michel Martelly.

"Par rapport à des dossiers que j'ai, ils sont dans le collimateur de la justice", avait répondu M. Léger à un journal haïtien qui l'interrogeait mardi soir sur sa décision d'émettre des mesures d'interdiction de sortie du territoire à l'encontre des deux anciens Premiers ministres, Evans Paul et Laurent Lamothe.

Les conseillers juridiques des anciens ministres dénonçaient l'illégalité de ces interdictions de sortie du territoire car, selon la Constitution, seule la Haute cour de justice, le Sénat ou la Chambre des députés, peuvent convoquer un ministre.

Les ordres d'interdiction de sortie du territoire national pris contre les membres de l'ancien conseil électoral avaient, eux, été motivés par le fiasco des scrutins de l'année passée.

Lundi soir, la commission indépendante de vérification et d'évaluation électorale a recommandé l'annulation du premier tour de l'élection présidentielle, tenu le 25 octobre dernier. Après un mois de travail sur les documents issus des bureaux de vote, cette commission a établi que "le processus électoral était entaché de sérieuses irrégularités, d'incohérences graves et de fraudes massives".

Peu de temps avant l'annulation mercredi soir des mesures prises par M. Léger, le ministre de la Justice Camille Junior Edouard avait tenu à dépolitiser l'affaire en assurant que "le président Privert, le chef du gouvernement et l'ensemble du gouvernement ne sont pas impliqués, ni de près ni de loin, dans des mesures que les magistrats prennent".

Cette affaire révèle les tensions politiques qui perdurent en Haïti entre la précédente administration et le pouvoir en place, mené par le président provisoire Jocelerme Privert, élu par le Parlement après le départ, sans successeur élu, de Michel Martelly en février.

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